Les prix élevés de l’énergie pourraient se maintenir pendant plusieurs mois, même en cas de fin prochaine du conflit dans le Golfe. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a estimé mercredi 7 octobre que les marchés anticipent déjà une persistance des cours élevés du pétrole en 2027.
« Les marchés à terme du Brent prédisent aujourd’hui des prix élevés du pétrole tout au long de l’année 2027 », a déclaré Kristalina Georgieva dans son discours d’ouverture des Réunions annuelles du FMI et du Groupe de la Banque mondiale, prévues du 12 au 18 octobre à Bangkok.
Selon la dirigeante du FMI, le choc énergétique reste pour le moment contenu grâce à plusieurs facteurs. Elle cite notamment les économies d’énergie, la diversification des sources d’approvisionnement, les libérations de stocks stratégiques ainsi que l’adaptation des chaînes d’approvisionnement aux tensions sur les marchés.
Malgré une reprise progressive de certains flux en provenance du Golfe, le pétrole se négocie toujours autour de 100 dollars le baril. Ce niveau s’explique notamment par les risques persistants, l’augmentation des coûts de transport et les perturbations des circuits d’approvisionnement.
La situation est également aggravée par les tensions sur les capacités mondiales de raffinage. Kristalina Georgieva a évoqué une marge de raffinage supplémentaire proche de 100 dollars par baril, ce qui contribue à maintenir à des niveaux élevés les prix du gazole et d’autres produits pétroliers raffinés.
Le marché du gaz naturel reste lui aussi perturbé. Les livraisons en provenance du Golfe sont fortement affectées et les possibilités d’acheminement du gaz naturel liquéfié restent limitées tant que la navigation dans le détroit d’Ormuz demeure exposée à des risques.
Les conséquences ne sont pas identiques selon les régions. L’Asie et l’Europe figurent parmi les zones les plus exposées aux perturbations des approvisionnements énergétiques.
Pour la directrice générale du FMI, les tensions pourraient même s’accentuer dans les prochains mois. Les pays devront reconstituer leurs réserves tandis que la demande mondiale d’énergie devrait augmenter avec l’approche de la saison froide dans l’hémisphère Nord.
Le FMI considère ainsi que les effets du choc énergétique pourraient dépasser la durée du conflit lui-même, avec des répercussions sur les prix du pétrole, des carburants raffinés et du gaz naturel.


