L’Agence américaine des médicaments (FDA) a approuvé, lundi 2 novembre 2026, une version générique à faible coût du lénacapavir, un médicament injectable destiné à prévenir l’infection par le VIH. Cette autorisation ouvre la voie à sa commercialisation dans 120 pays à revenu faible ou intermédiaire, au prix de 40 dollars par personne et par an.
L’annonce a été faite par le laboratoire indien Dr. Reddy’s Laboratories, fabricant de cette version générique, et par Unitaid, une organisation internationale qui œuvre pour faciliter l’accès aux médicaments. Les premières doses sont attendues avant la fin de l’année 2026, avec une disponibilité plus large prévue en 2027.
Administré sous forme de deux injections par an, le lénacapavir réduit de 99,9 % le risque de transmission du VIH. Il s’inscrit dans le cadre de la prophylaxie pré-exposition (PrEP), une méthode de prévention destinée aux personnes séronégatives exposées à un risque d’infection. Jusqu’ici, les traitements préventifs reposaient principalement sur la prise quotidienne de comprimés.
Unitaid a salué une avancée majeure pour la santé mondiale. Selon Carmen Pérez-Casas, responsable principale de la stratégie VIH au sein de l’organisation, cette autorisation réduit considérablement le délai d’accès aux innovations médicales pour les pays à revenus faibles ou intermédiaires.
Le médicament avait été initialement développé par le laboratoire américain Gilead et approuvé en juin 2025. Son prix élevé limitait toutefois son accessibilité dans de nombreux pays.
Un déploiement progressif en Afrique
L’arrivée du générique suscite l’espoir d’une baisse du nombre de nouvelles infections. Selon Unitaid, environ 1,2 million de personnes ont contracté le VIH dans le monde en 2025, malgré les moyens de prévention déjà disponibles.
L’organisation travaille avec les gouvernements et ses partenaires pour faciliter l’introduction du traitement. Avant même la disponibilité des versions génériques, plus de 125 000 personnes dans dix pays africains pionniers avaient déjà commencé à recevoir le lénacapavir produit par Gilead.
Le Kenya avait notamment lancé l’administration des premières doses dans un quartier populaire de Nairobi à la fin du mois de février 2026.
Cette avancée intervient toutefois dans un contexte difficile pour la lutte contre le VIH. En juin dernier, l’Onusida avait alerté sur les conséquences des réductions de l’aide internationale, qui fragilisent le dépistage, l’accès aux traitements préventifs et la distribution de préservatifs.
Pour Unitaid, le véritable défi reste désormais de garantir un accès effectif et durable au lénacapavir dans les pays concernés.



