Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a averti mardi 3 novembre 2026 qu’une reprise des hostilités au Moyen-Orient ne profiterait à aucune partie. Cette déclaration intervient au lendemain de frappes américaines limitées contre une infrastructure militaire iranienne, alors que des efforts diplomatiques se poursuivent pour éviter une nouvelle escalade.
« Personne ne tirera avantage de cette guerre », a déclaré Massoud Pezeshkian lors d’une réunion du gouvernement. Il a assuré que son administration cherchait une issue au conflit par le dialogue. Le président iranien a également indiqué que le guide suprême lui avait accordé des pouvoirs pour aborder, dans le cadre des négociations, des sujets jusque-là considérés comme tabous, sans en préciser la nature.
Donald Trump a confirmé que l’armée américaine avait frappé lundi soir une infrastructure de défense antiaérienne en Iran. Selon des informations rapportées par le Wall Street Journal et d’autres médias, les opérations ont visé l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz. Des responsables américains ont présenté ces interventions comme des frappes limitées et défensives.
De son côté, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a affirmé que son pays se réservait le droit de se défendre. L’armée israélienne a, pour sa part, déclaré à l’Agence France-Presse qu’elle n’avait pas participé à ces opérations.
Doha maintient l’espoir d’un accord
Malgré ces tensions, les discussions diplomatiques se poursuivent. Le Qatar, qui joue un rôle de médiateur, a assuré que Washington et Téhéran restaient engagés dans le processus de négociation. Son porte-parole des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, a évoqué une possibilité de parvenir à un accord intérimaire, tout en avertissant qu’une nouvelle escalade pourrait compromettre les échanges.
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a estimé que la responsabilité d’éviter une nouvelle guerre reposait désormais sur les États-Unis. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait également fait état de discussions diplomatiques particulièrement intenses.
Donald Trump a, de son côté, affirmé lundi qu’un accord avec l’Iran pouvait encore être conclu. Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par une forte instabilité des marchés pétroliers. Après une chute de plus de 7 % la veille, le baril de Brent a rebondi mardi à 105,75 dollars, selon les données rapportées dans l’article.
L’ouverture du détroit d’Ormuz au cœur des négociations
Téhéran a proposé lundi de rouvrir le détroit d’Ormuz dans un délai de deux jours. Cette proposition reste toutefois soumise à plusieurs conditions.
L’Iran exige notamment un cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts régionaux, le dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, la levée des sanctions visant son secteur pétrolier et la fin du blocus naval américain imposé à ses ports.
Les autorités iraniennes demandent également à Washington d’accepter un nouvel itinéraire de navigation convenu entre l’Iran et Oman pour le passage des navires dans le détroit.
Depuis le début du conflit, cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures reste fortement perturbée. Son éventuelle réouverture constitue ainsi un enjeu majeur des discussions entre les deux pays.


