
La Commission nationale électorale (CNE) de Guinée-Bissau estime que les conditions techniques ne permettent pas d’organiser la présidentielle et les législatives prévues le 6 décembre 2026. Sa vice-présidente, Felisberta Moura Vaz, a fait part de cette position jeudi 8 octobre, tout en précisant que la décision d’un éventuel report appartient au président de la Transition, le général Horta N’Tam.
Selon Felisberta Moura Vaz, le chef de la Transition avait consulté la commission sur la possibilité de maintenir la date annoncée pour les deux scrutins. La CNE lui a alors fait savoir que les préparatifs ne permettraient pas, sur le plan technique, de respecter cette échéance.
La même réserve a été exprimée par le Premier ministre de transition à l’issue de sa rencontre avec le président. Il a notamment souligné que la plupart des partis politiques n’avaient pas renouvelé leurs instances dirigeantes et devaient encore mettre en place de nouvelles structures de base. Selon lui, ces insuffisances compromettent l’organisation d’élections fiables.
La vice-présidente de la CNE n’a toutefois pas officiellement annoncé un report. Elle a rappelé que cette décision ne relève pas de la compétence de la commission électorale, mais des prérogatives du président de la Transition.
Les scrutins annoncés doivent permettre le retour à l’ordre constitutionnel, interrompu par le coup d’État de novembre 2025 contre le président Umaro Sissoco Embalo. Le putsch était survenu quelques jours après la présidentielle, à la veille de la proclamation des résultats.
Le 28 septembre 2026, l’ancien chef de l’État, désormais en exil au Maroc, avait annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle ainsi que son intention de rentrer au pays. Les autorités militaires l’avaient empêché de revenir, invoquant des préoccupations liées à sa sécurité.
Par ailleurs, le pouvoir de transition a organisé, le 30 août dernier, un référendum constitutionnel. Selon les résultats rapportés, le « oui » l’a emporté avec 70 % des suffrages. Cette réforme prévoit le passage d’un régime parlementaire à un régime présidentiel.
À moins de deux mois de la date prévue pour les élections, les déclarations de la CNE et du chef du gouvernement soulèvent ainsi des interrogations sur le calendrier électoral. Aucune nouvelle date n’a été annoncée à ce stade.



