Bénin : Joseph de Lapoche, des pavés de Parakou à la lumière des réseaux sociaux

Joseph de Lapoche fait encore parler de lui au Bénin. Après le succès de ses séquences sur les réseaux sociaux, l’artiste a livré une partie de son parcours dans l’émission « Cultur’art » de TVC, diffusée le 25 septembre 2026. Derrière les expressions qui font sourire les internautes se cache une histoire marquée par la pauvreté, le handicap, la précarité et surtout une forte volonté de réussir.

Selon son récit, Joseph de Lapoche a grandi dans une famille pauvre. Son handicap au pied aurait aussi limité ses possibilités aux yeux de son entourage. Il raconte que certains membres de sa famille estimaient qu’il ne pourrait pas travailler comme les autres et qu’il devrait rester à la maison pendant que ses frères s’occuperaient de lui.

Cette perspective, il dit l’avoir refusée. « Ce n’est pas mon destin », a-t-il expliqué au cours de l’émission, avant de raconter son départ de Tchéti, dans la commune de Savalou, pour Parakou.

Le voyage s’est fait à pied. À son arrivée à Parakou, il affirme avoir connu des moments particulièrement difficiles. Sans logement, il a dormi à même les pavés, notamment dans la zone du marché Dépôt. Il a aussi compté sur la solidarité de certaines femmes du marché pour se nourrir.

Mais Joseph de Lapoche assure ne pas avoir voulu s’installer dans cette situation. Dès qu’il en avait la possibilité, il recherchait du travail. Il dit avoir effectué différentes tâches, notamment dans les activités agricoles et auprès de maçons, afin de subvenir à ses besoins.

Avec le temps, il a pu quitter les pavés pour louer une chambre à Canangbé. Il a ensuite commencé un élevage de lapins. L’activité s’est développée, mais les difficultés n’ont pas disparu. Face aux vols dont son élevage aurait été victime et aux moyens limités, il a finalement vendu ses lapins pour financer son projet musical.

C’est ainsi que la musique a pris une place centrale dans son parcours. Joseph de Lapoche raconte avoir sorti plusieurs morceaux malgré les difficultés financières. Pour lui, le manque de moyens ne devait pas constituer une raison suffisante pour abandonner son ambition.

« C’est l’enfant de pauvres qui devient riche », a-t-il lancé au cours de l’entretien, avec sa manière de s’exprimer qui a aussi suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

Ces dernières semaines, Joseph de Lapoche s’est imposé comme un personnage très commenté du showbiz béninois. Son morceau « Adjapiano – En bas les jaloux », publié le 1er septembre, a largement circulé sur les plateformes numériques. Selon son entourage, le clip aurait dépassé 50 000 vues en moins de 48 heures, un chiffre présenté par son équipe et qui n’a pas fait l’objet d’une mesure indépendante.

Son univers divise aussi les internautes entre amusement, curiosité et intérêt pour son parcours. Plusieurs de ses expressions sont devenues virales et participent à sa visibilité sur Facebook et TikTok. Derrière cet engouement, son témoignage sur TVC révèle toutefois un parcours personnel qui dépasse le simple phénomène des réseaux sociaux.

De Tchéti aux pavés de Parakou, puis de l’élevage de lapins à la musique, Joseph de Lapoche présente son parcours comme celui d’un homme qui a refusé de considérer son handicap et la pauvreté comme une fatalité. Son histoire continue désormais de s’écrire sous le regard de milliers d’internautes.

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