COP17 : les États-Unis bloquent les négociations sur la lutte contre la désertification

La COP17 sur la lutte contre la désertification se poursuit à Oulan-Bator, en Mongolie, avec des négociations de plus en plus difficiles. Alors que les ministres ont rejoint les travaux de la conférence, les États-Unis sont accusés de bloquer plusieurs décisions importantes, au grand désarroi des pays africains.

Les discussions portent notamment sur les conséquences des sécheresses répétées, de la dégradation des terres et du dérèglement du cycle de l’eau. Ces phénomènes aggravent l’insécurité alimentaire, fragilisent les moyens de subsistance et poussent certaines populations à se déplacer.

Au Niger, les effets de la désertification touchent particulièrement les communautés pastorales. Oumarou Malam Issa, représentant de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) dans le pays, souligne que la dégradation des terres menace aussi des modes de vie traditionnels. La diminution des ressources disponibles peut contraindre les éleveurs à abandonner leur activité, à se reconvertir ou à migrer.

Ces enjeux sont au cœur des revendications portées par plusieurs États africains à cette COP17. Le continent souhaite notamment l’adoption d’un cadre mondial juridiquement contraignant consacré à la sécheresse. Un tel mécanisme permettrait de mobiliser davantage de financements en faveur des pays les plus vulnérables afin de renforcer leur capacité d’adaptation.

Mais cette proposition se heurte une nouvelle fois aux réticences des pays occidentaux, avec les États-Unis en première ligne. Washington a déjà bloqué plusieurs décisions portant sur l’égalité entre les femmes et les hommes, les migrations, ainsi que la participation de la société civile et des peuples autochtones.

Selon RFI, les États-Unis ont également empêché l’adoption de plusieurs décisions majeures, y compris certaines mesures qu’ils avaient pourtant approuvées au cours des réunions préparatoires. Cette situation ralentit considérablement les négociations alors que la conférence doit s’achever le 28 août.

Face à l’absence d’accord mondial sur la sécheresse, chaque pays pourrait finalement être contraint de renforcer ses propres dispositifs nationaux, avec l’appui de partenaires internationaux et de bailleurs de fonds.

Pour les États africains, l’urgence reste pourtant entière. La sécheresse et la dégradation des terres menacent directement l’agriculture, l’élevage, la sécurité alimentaire et les conditions de vie de millions de personnes. La COP17 apparaît ainsi comme un nouveau test pour la capacité de la communauté internationale à apporter une réponse collective à l’un des défis environnementaux majeurs du continent.

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