Le gouverneur du Sinaloa, Rubén Rocha Moya, a finalement renoncé à reprendre ses fonctions après une tentative qui a provoqué une vive contestation au sein de son propre parti. Le responsable politique est visé par des accusations américaines concernant de présens liens avec des organisations criminelles.
Rubén Rocha Moya avait accepté de se mettre temporairement en retrait au printemps, après avoir été cité dans une procédure du département américain de la Justice visant plusieurs responsables mexicains soupçonnés de liens avec des cartels de la drogue.
Vendredi, il avait pourtant annoncé son intention de reprendre la direction de l’État du Sinaloa. Le gouverneur affirmait agir avec la conviction que les accusations portées contre lui n’étaient pas fondées. Il soutenait également que le procureur général mexicain n’avait trouvé aucun élément permettant de confirmer les accusations américaines.
Cette annonce a rapidement provoqué des réactions au sein de Morena, le parti au pouvoir. Plusieurs responsables influents ont contesté sa démarche, poussant Rubén Rocha Moya à faire marche arrière dès dimanche.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a également pris ses distances avec cette initiative. Sans citer directement le gouverneur, elle a rappelé que les intérêts personnels des responsables politiques ne devaient pas passer avant ceux de la nation.
De son côté, le bureau du procureur général mexicain a précisé que les responsables mentionnés dans la procédure américaine restent sous enquête au Mexique.
Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le gouvernement de Claudia Sheinbaum. La présidente cherche à maintenir une coopération sécuritaire avec Washington tout en défendant la souveraineté du Mexique et en demandant aux autorités américaines de transmettre les éléments dont elles disposent contre les responsables mexicains concernés.
Des spécialistes estiment que Rubén Rocha Moya pourrait avoir voulu retrouver la protection liée à sa fonction de gouverneur. Sa tentative de retour intervient également alors que les révélations potentielles d’anciens responsables mexicains collaborant avec les autorités américaines pourraient alimenter les tensions politiques.
Plus largement, cette affaire ravive les inquiétudes autour de l’influence des cartels sur certaines institutions mexicaines. Washington accuse plusieurs responsables de collusion avec ces groupes criminels, tandis que Mexico affirme vouloir mener ses propres investigations.
Pour Claudia Sheinbaum, le dossier représente donc un double défi : répondre aux pressions américaines sur la lutte contre les cartels tout en évitant une crise politique au sein de Morena. La volte-face de Rubén Rocha Moya montre en tout cas les tensions qui persistent autour de cette question au sommet du pouvoir mexicain.



