Tchad : l’opposition conteste l’interprétation de la grâce présidentielle

Au Tchad, la grâce accordée le 14 août à neuf opposants continue de susciter des réactions. Une semaine après la décision présidentielle, le gouvernement et l’opposition s’opposent sur ses conséquences juridiques et politiques.

Jeudi 20 août, le vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Limane Mahamat, a précisé que la grâce présidentielle ne constituait pas un effacement des condamnations. Il a également rappelé que l’exercice de responsabilités au sein d’un parti politique est soumis à certaines conditions, notamment la jouissance des droits civiques et politiques.

Pour les membres de l’ex-Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), cette interprétation pourrait empêcher les opposants concernés par la grâce de reprendre la direction de leurs formations politiques.

Réunis en conférence de presse vendredi 21 août, plusieurs responsables de l’opposition ont rejeté cette lecture du gouvernement. Max Kemkoye, président de l’Union des démocrates pour le développement et le progrès, estime notamment que la décision de grâce ne comporte aucune peine supplémentaire susceptible de les empêcher d’exercer leurs responsabilités politiques.

Selon lui, les dispositions évoquées par le vice-Premier ministre concernent principalement les personnes condamnées pour des infractions criminelles ou certains faits graves, notamment les détournements de fonds publics. Il affirme que les responsables du GCAP ont été condamnés pour des délits et ne relèvent donc pas de cette catégorie.

L’opposition dénonce ainsi un amalgame et une interprétation excessive des textes par les autorités. Elle considère que la grâce présidentielle doit permettre aux responsables concernés de retrouver pleinement leur place dans la vie politique.

La controverse intervient alors que la décision de grâce avait été présentée comme un geste susceptible d’apaiser les tensions politiques au Tchad. Le débat porte désormais sur les effets concrets de cette mesure et sur la possibilité, pour les opposants graciés, de reprendre leurs activités politiques.

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