Monique Ngock : des larmes de 2016 au sacre historique du Cameroun

Dix ans après avoir pleuré devant la défaite du Cameroun en finale de la CAN féminine, Monique Ngock a enfin vécu le moment dont elle rêvait. La milieu de terrain des Lionnes Indomptables a participé au sacre de son pays, dimanche 16 août 2026 à Rabat, après une victoire nette face au Malawi (3-0).

En décembre 2016, Monique Ngock n’avait que 12 ans. Depuis son domicile, elle avait suivi la finale de la Coupe d’Afrique des Nations féminine entre le Cameroun et le Nigeria. Les Lionnes, qui évoluaient devant leur public à Yaoundé, avaient vu leur rêve de titre s’envoler dans les dernières minutes.

Cette défaite avait profondément marqué la jeune passionnée de football.

« J’ai pleuré toute la soirée », racontait-elle à propos de cette finale. À cette époque, elle espérait déjà qu’un éventuel sacre camerounais pourrait montrer à son entourage qu’une fille pouvait aussi réussir dans le football. Dix ans plus tard, elle a vécu l’histoire de l’autre côté de l’écran.

Une revanche sur une décennie difficile

Le parcours de Monique Ngock avec les Lionnes s’inscrit dans une période marquée par plusieurs difficultés pour le football féminin camerounais. En 2018, le Cameroun avait encore échoué face au Nigeria, cette fois en demi-finales, avant de décrocher la troisième place. Les Lionnes avaient ensuite atteint les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2019.

La sélection avait toutefois connu une longue période de turbulences. Le Cameroun avait manqué deux éditions consécutives de la CAN féminine, une situation inédite depuis la création de la compétition en 1998.

Le retour sur la scène continentale avait donc une saveur particulière pour Monique Ngock.

Une Lionne au cœur de l’exploit

Loin du statut de grande favorite, la sélection camerounaise a pourtant réalisé un parcours remarquable. Les Lionnes ont notamment éliminé le Ghana en phase de groupes, le Nigeria en quarts de finale, puis le Maroc, pays hôte, en demi-finales au terme d’une séance de tirs au but. Cette série de performances a conduit le Cameroun jusqu’à la finale face au Malawi. Et les Camerounaises n’ont pas tremblé. Le Cameroun s’est imposé 3-0 et a ainsi décroché le titre continental au terme d’une finale parfaitement maîtrisée.

Au milieu de terrain, Monique Ngock a apporté son activité, son engagement et sa capacité à équilibrer le jeu de son équipe. La joueuse de 21 ans a aussi porté le brassard de capitaine en demi-finale face au Maroc, preuve de la confiance placée en elle au sein du groupe.

Le rêve devenu réalité

Avant la finale, Ngock avait déjà raconté le serment qu’elle s’était fait après la défaite de 2016.

« Après la finale de 2016, je m’étais promis qu’un jour, si Dieu m’en donnait l’occasion, je ramènerais ce trophée au Cameroun. » Ce dimanche, cette promesse a pris forme. La jeune fille qui regardait les Lionnes depuis son salon est devenue l’une des actrices du sacre camerounais. Une décennie sépare les deux images : celle d’une enfant en larmes après une défaite et celle d’une internationale camerounaise qui soulève enfin le trophée continental.

Au-delà de son propre parcours, Monique Ngock veut aussi laisser un message aux jeunes filles qui rêvent de football. « Nous ne jouons pas seulement pour nous. Nous voulons que les petites filles regardent cette équipe et se disent : un jour, moi aussi, je peux y arriver. »

Le Cameroun l’a désormais fait. Et pour Monique Ngock, le rêve commencé en 2016 devant une télévision s’est achevé, dix ans plus tard, avec un titre continental et une victoire 3-0 en finale.

Les larmes de l’enfant ont laissé place au sourire de la championne.

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