Les États-Unis connaissent en 2026 leur plus importante épidémie de rougeole depuis 35 ans, selon les derniers chiffres publiés par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).
En seulement sept mois, les autorités sanitaires ont recensé 2 318 cas confirmés, soit un nombre déjà supérieur au total enregistré en 2025, année qui avait comptabilisé 2 289 infections et trois décès, dont deux jeunes enfants.
L’Académie américaine de pédiatrie (AAP) qualifie cette situation de crise évitable et rappelle que les enfants paient le plus lourd tribut à cette maladie hautement contagieuse.
La rougeole provoque généralement de la fièvre, des symptômes respiratoires et une éruption cutanée. Dans certains cas, elle peut entraîner de graves complications, notamment une pneumonie ou une inflammation du cerveau, susceptibles de provoquer des séquelles permanentes ou la mort.
Déclarée éliminée aux États-Unis en 2000 grâce à la vaccination, la maladie connaît un retour marqué depuis plusieurs années. Les spécialistes attribuent cette résurgence à la baisse de la couverture vaccinale et à la méfiance croissante envers les autorités sanitaires.
Le secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., fait l’objet de critiques de plusieurs experts en raison de ses prises de position passées sur les vaccins, accusées d’avoir alimenté la défiance d’une partie de la population.
Les autorités sanitaires précisent que l’épidémie, apparue en 2025, continue de progresser et pourrait encore s’aggraver au cours des prochains mois.
Melissa Nolan, épidémiologiste à l’Université de Caroline du Sud, estime par ailleurs que le nombre réel de cas est probablement supérieur aux données officielles. Selon elle, certaines familles opposées à la vaccination consultent moins les services de santé, ce qui complique l’identification de tous les malades.
Bien que la vaccination contre la rougeole soit obligatoire aux États-Unis, plusieurs États autorisent des dérogations pour des motifs religieux ou, dans certains cas, philosophiques. Ces exemptions ont fortement augmenté depuis la pandémie de Covid-19, dans un contexte marqué par la diffusion de fausses informations sur les vaccins.
D’après un sondage réalisé en septembre 2025 par le *Washington Post* et l’organisation KFF, un parent américain sur six retarde ou refuse la vaccination de ses enfants par crainte d’effets secondaires ou par manque de confiance envers les autorités sanitaires.
Les spécialistes redoutent que cette baisse de la couverture vaccinale favorise également le retour d’autres maladies évitables, comme la coqueluche, dans les années à venir.



