Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a déclaré son intention de supprimer les élections dans le pays, estimant qu’elles pourraient être utilisées par des puissances étrangères pour renverser son gouvernement.
S’exprimant à l’occasion du 47ᵉ anniversaire de la révolution sandiniste, le chef de l’État a affirmé qu’aucune nouvelle élection ne serait organisée afin d’empêcher toute tentative de prise de pouvoir soutenue de l’extérieur. Il a notamment évoqué les États-Unis et les partisans de l’ancien régime de Somoza.
À la suite de cette déclaration, l’Assemblée nationale, dominée par les partisans du pouvoir, a annoncé la préparation d’un plan visant à mettre en œuvre les orientations du président.
Pour plusieurs analystes, cette annonce s’inscrit dans la continuité des réformes engagées ces dernières années pour renforcer le contrôle du pouvoir exécutif. Une révision constitutionnelle adoptée en 2025 a notamment permis à l’épouse du président, Rosario Murillo, d’accéder au poste de coprésidente.
Des interrogations demeurent toutefois sur les conséquences concrètes de cette décision. Certains observateurs estiment que les élections prévues en 2027 pourraient être annulées, tandis que d’autres évoquent l’hypothèse d’un scrutin sans véritable compétition politique.
Le Nicaragua est régulièrement critiqué pour les restrictions imposées à l’opposition. L’élection présidentielle de 2021 avait été largement contestée par la communauté internationale après l’arrestation de plusieurs candidats de l’opposition et l’exclusion de partis politiques.
Les déclarations de Daniel Ortega ont suscité de nombreuses réactions. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a appelé les autorités nicaraguayennes à garantir l’État de droit et le droit des citoyens à participer librement aux élections. De son côté, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a exhorté la communauté internationale à accentuer la pression sur le régime.
Malgré ces condamnations, plusieurs spécialistes estiment qu’une intervention étrangère demeure peu probable et que toute évolution politique dépendra avant tout de la capacité des forces d’opposition et de la société civile nicaraguayennes à s’organiser.



