L’Afrique est appelée à occuper une place stratégique dans le futur ordre économique mondial grâce à ses ressources naturelles, son potentiel démographique et ses capacités de développement. C’est l’analyse de Kevin Chika Urama, économiste en chef et vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), exprimée en marge de la Conférence économique africaine 2026 à Abidjan.
Selon lui, la transition vers un monde multipolaire offrira davantage de possibilités aux pays de diversifier leurs partenariats économiques, commerciaux et politiques, tout en renforçant leur participation à la gouvernance mondiale.
Kevin Chika Urama estime que l’Afrique devra pleinement tirer parti de cette évolution. Il rappelle que la BAD, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) encouragent les décideurs à renforcer la capacité d’action géopolitique du continent dans ce nouvel environnement international.
Le responsable de la BAD souligne que l’Afrique dispose de près de 60 à 65 % des terres arables encore disponibles dans le monde. À ses yeux, cette situation place le continent au cœur des enjeux liés à la sécurité alimentaire, à la souveraineté alimentaire et à la durabilité de la production agricole mondiale.
Il met également en avant les importantes richesses minières du continent, qui regrouperaient plus de 30 % des réserves mondiales de minerais. Les ressources en minerais stratégiques, en terres rares, en minerais destinés à la transition énergétique ainsi que le potentiel de production de batteries au lithium renforcent, selon lui, la position de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales.
Kevin Chika Urama rappelle aussi que le continent concentre près de 48,5 % du potentiel technique mondial en matière d’énergies renouvelables, un atout majeur dans le contexte de la transition énergétique.
Le vice-président de la BAD insiste enfin sur l’avantage démographique de l’Afrique. Il estime que la population du continent, actuellement évaluée à environ 1,5 milliard d’habitants, pourrait atteindre entre 2,5 et 2,7 milliards d’ici le milieu du siècle, avec plus de 60 % de jeunes.
À ses yeux, cette jeunesse, associée aux ressources naturelles et au potentiel économique du continent, fera de l’Afrique un acteur incontournable du futur ordre économique mondial.



