Tensions entre Abuja et Pretoria après la mort de deux Nigérians en Afrique du Sud

Les relations entre le Nigeria et l’Afrique du Sud se tendent après la mort de deux ressortissants nigérians sur le sol sud-africain. Dans un communiqué publié le 5 juillet, le ministère nigérian des Affaires étrangères a condamné ces décès et demandé que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ces drames.

Selon les autorités nigérianes, les deux victimes ont perdu la vie le 28 juin, dans un contexte marqué par une campagne hostile aux migrants en Afrique du Sud. Abuja affirme qu’Emeka Charles Iroegbu serait décédé après des actes de torture qui auraient été commis par des policiers de la métropole de Tshwane, près de Pretoria. Le même jour, Musa Yunana Joe aurait été tué par des hommes armés devant son commerce à Witbank, dans la province du Mpumalanga.

Face à cette situation, la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a invité les citoyens de son pays qui estiment leur sécurité menacée à profiter des vols de rapatriement organisés par le gouvernement. Un appareil transportant plusieurs centaines de Nigérians doit notamment quitter Johannesburg avant un dernier vol prévu le 10 juillet.

Abuja prévient également qu’elle se réserve le droit d’envisager toutes les options diplomatiques afin d’obtenir des explications et des mesures de réparation pour les préjudices subis par ses ressortissants.

Les déclarations des autorités sud-africaines ont accentué les tensions. La ministre à la Présidence, Khumbudzo Ntshavheni, a rejeté l’idée d’une indemnisation et a appelé à identifier les réseaux de trafiquants de drogue nigérians présents en Afrique du Sud afin de les démanteler. Des propos que le Nigeria qualifie de « discours haineux » et de déclarations incompatibles avec les responsabilités de responsables gouvernementaux.

Le débat dépasse désormais le cadre bilatéral. Le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, a dénoncé les attaques visant les migrants en Afrique du Sud. Selon lui, ces violences vont à l’encontre des principes du panafricanisme et compromettent les ambitions d’intégration économique du continent.

L’Afrique du Sud reste confrontée à des épisodes récurrents de violences xénophobes. Depuis près de vingt ans, plusieurs vagues d’attaques contre les populations étrangères ont fait de nombreuses victimes et provoqué le déplacement de milliers de migrants. Les observateurs estiment que la campagne actuelle se distingue par son niveau d’organisation et son ampleur.

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