Kenya-France : un accord militaire suscite des doutes sur l’immunité des soldats français

 

Le Parlement du Kenya a validé un accord de défense conclu avec la France. Ce texte, signé en octobre 2025, fixe un cadre de coopération militaire entre les deux pays. Il attend encore l’approbation de l’exécutif kényan.

L’accord prévoit une collaboration dans plusieurs domaines. Il inclut le partage de renseignements, la sécurité maritime, les opérations de maintien de la paix, la formation militaire et l’assistance humanitaire. Sa durée initiale est de cinq ans. Le dispositif pourrait intégrer des échanges d’officiers, des exercices conjoints et un appui technique entre les forces armées.

Ce partenariat s’inscrit dans la nouvelle stratégie de Paris en Afrique. Emmanuel Macron cherche à redéployer l’influence française sur le continent. Cette orientation intervient après des retraits militaires en Mali, au Burkina Faso et au Niger. Le Kenya apparaît comme un partenaire stratégique en raison de sa position dans la Corne de l’Afrique et de son accès à l’océan Indien.

Les autorités de Nairobi veulent renforcer leurs capacités sécuritaires, en particulier dans le domaine maritime. Elles multiplient les accords avec plusieurs pays, dont la Chine, la République tchèque, l’Éthiopie et le Zimbabwe, afin de diversifier leurs alliances.

Le texte suscite toutefois des inquiétudes au sein de la classe politique kényane. Des élus dénoncent le flou autour du statut juridique des militaires étrangers. Ils évoquent le précédent de l’unité britannique BATUK, accusée de violations des droits humains. Ils réclament des garanties plus strictes pour encadrer la présence de troupes étrangères.

Un sommet baptisé « Africa-Forward » se tiendra à Nairobi les 11 et 12 mai 2026. Il doit réunir des dirigeants africains et des acteurs du secteur privé. La participation annoncée d’Emmanuel Macron illustre la volonté de la France de renforcer sa présence dans un contexte géopolitique en évolution.

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