Le PDG de la SNCF, Jean Castex, a plaidé pour l’application des « mêmes règles » à tous les opérateurs dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des lignes à grande vitesse en France. Il s’exprimait jeudi 26 février 2026 lors de la présentation des résultats financiers du groupe.
Le dirigeant a mis en garde contre un risque de déséquilibre du modèle ferroviaire. Selon lui, la SNCF ne peut accepter que de nouveaux entrants se concentrent uniquement sur les segments les plus rentables, ce qui priverait l’opérateur historique des ressources nécessaires pour maintenir les dessertes moins profitables relevant de l’aménagement du territoire.
Jean Castex a rappelé que certaines liaisons rentables servent à financer celles qui le sont moins. Il a ainsi souligné que la rentabilité d’un Paris-Bordeaux varie selon que le train marque ou non des arrêts intermédiaires, notamment à Poitiers ou Angoulême. La SNCF, a-t-il insisté, n’envisage pas de supprimer ces dessertes.
Le patron du groupe ferroviaire a également exprimé sa surprise face aux opérateurs qui annoncent ne viser que les lignes lucratives. Il appelle à davantage d’équité afin d’éviter une fragilisation globale du système ferroviaire et une baisse des capacités d’investissement dans la rénovation du réseau.
Selon lui, le problème ne se posera pas immédiatement, mais doit être anticipé dans une logique d’intérêt général. Il a notamment cité le cas de la liaison Paris-Lyon, où la Trenitalia, déjà présente sur le marché français, ne dessert pas certaines villes intermédiaires comme Le Creusot.
Par ailleurs, la société privée Velvet prépare son arrivée sur les liaisons de l’Ouest, avec des projets de trains entre Paris et Bordeaux ou Paris et Nantes à l’horizon 2028-2029, ce qui devrait intensifier la concurrence sur le réseau à grande vitesse.



