Le Programme alimentaire mondial (PAM) a alerté vendredi sur la détérioration rapide de la situation alimentaire en Somalie, qui pourrait évoluer vers une famine sans financement urgent.
Ross Smith, directeur de la préparation et de la réponse d’urgence au PAM, a expliqué à Genève que deux saisons de pluie insuffisantes, les conflits et les déplacements massifs ont plongé des millions de personnes dans une insécurité alimentaire grave. Près de 4,4 millions de Somalis, soit environ un quart de la population, connaissent un niveau de faim critique ou pire.
Selon Smith, l’aide alimentaire et nutritionnelle vitale fournie par le PAM pourrait cesser dans quelques semaines si de nouvelles ressources financières ne sont pas sécurisées. Près de 2 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë, dont plus de 400 000 en situation sévère.
L’agence humanitaire a également signalé que 500 000 personnes ont été déplacées au cours des cinq derniers mois. Les réductions liées au manque de financement ont déjà entraîné une baisse significative des aides. Actuellement, le PAM assiste environ 640 000 personnes, contre 2,2 millions il y a un an. Le soutien nutritionnel aux femmes enceintes et aux enfants a chuté de plus de 75 %.
Smith a insisté sur l’urgence de la situation : sans intervention rapide, les populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, pourraient ne pas recevoir l’aide nécessaire à temps.
Le PAM a averti que la Somalie présente des signaux d’alerte similaires à ceux observés avant la famine de 2011 et la quasi-famine de 2022, évitée grâce à l’aide humanitaire. L’agence dispose des capacités opérationnelles pour agir, mais elle dépend d’un soutien financier immédiat pour prévenir une catastrophe.



