Conflit en RDC : l’Angola prépare un dialogue intercongolais

 

Les dirigeants africains réunis à Luanda ont appelé à un cessez-le-feu dans l’Est de la République démocratique du Congo et confié à l’Angola la mission de préparer un dialogue intercongolais. Cette décision ressort d’un communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre.

La réunion s’est tenue dans la capitale angolaise autour du président João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine, de son homologue congolais Félix Tshisekedi, du président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’UA dans la crise congolaise, et d’Olusegun Obasanjo, représentant les anciens chefs d’État désignés comme facilitateurs du processus de paix.

Les participants ont exhorté les parties au conflit à déclarer un cessez-le-feu, dont les modalités devront être définies d’un commun accord. Ils ont aussi appelé à accélérer l’application des mécanismes de vérification arrêtés à Doha en octobre 2025.

Dans ce cadre, l’Angola a reçu mandat pour engager des consultations avec l’ensemble des acteurs congolais concernés afin de réunir les conditions nécessaires à l’organisation d’un dialogue national intercongolais.

Les chefs d’État ont par ailleurs rappelé les engagements issus de l’Accord de Washington de décembre 2025 ainsi que les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies. Ces textes prévoient notamment le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda.

Début février, le président Félix Tshisekedi avait annoncé la tenue prochaine d’un dialogue national, tout en posant des conditions rejetées par l’opposition. Il a exigé que les échanges se déroulent en RDC, sous l’égide des institutions nationales, sans remise en cause de sa légitimité, et a exclu la participation de personnes condamnées pour crimes de guerre.

L’opposition continue de réclamer ce dialogue, qu’elle considère comme indispensable pour restaurer la cohésion nationale, dans un contexte marqué par l’avancée des rebelles du M23/AFC, soutenus par le Rwanda, dans l’Est du pays.

Les tentatives de médiation se sont multipliées. Celle conduite par les États-Unis entre Kinshasa et Kigali a freiné l’avancée rebelle, tandis que le processus mené par le Qatar entre le gouvernement congolais et les groupes armés n’a abouti qu’à des cessez-le-feu fragiles et souvent violés.

La RDC a déjà connu plusieurs dialogues politiques majeurs. Le plus marquant avait permis la réunification du pays après la guerre de 1998-2003. Plus récemment, le dialogue de 2016-2017 avait ouvert la voie à un partage du pouvoir à la fin du second mandat du président Joseph Kabila, en attendant l’organisation des élections.

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