🇧🇫🇧🇫 Le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, a annoncé le lancement de la « Ligue de la souveraineté » pour relancer le sport burkinabè, professionnaliser le football et offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse. Le projet prévoit notamment un salaire mensuel minimum de 200 000 FCFA pour les joueurs concernés. 👇👇
Bonjour et merci d’être venus ce matin pour cette rencontre qui porte aujourd’hui sur une mission fondamentale qui vous sera confiée et qui concerne notre jeunesse.
Certes, de nombreuses rencontres sont prévues sur des sujets liés au développement, à la sécurité et à la défense. Mais aujourd’hui, notre attention se porte particulièrement sur la jeunesse, notamment à travers le sport.
Je félicite le nouveau gouverneur qui vient d’être nommé. Je lui souhaite beaucoup de courage et plein succès dans ses nouvelles fonctions. Aux anciens gouverneurs, je souhaite que chacun redouble d’efforts, car nous entrons dans une phase active de notre révolution. Cela exige beaucoup de concentration et surtout du courage.
Je vous souhaite bonne chance à tous. J’espère que vous saurez relever les défis auxquels vos populations sont confrontées et que chacun œuvrera pour faire de sa région un modèle dans un domaine spécifique.
Je remercie également les autres participants pour leur présence à cet échange consacré à la question évoquée précédemment, comme l’a indiqué le ministre des Sports. Il s’agit principalement du développement du sport.
À plusieurs reprises, j’ai expliqué que la lutte contre certains fléaux, notamment la drogue, le tabagisme et certaines boissons alcoolisées nocives pour la santé publique, exige une nouvelle approche. À mon avis, l’un des meilleurs moyens de combattre ces phénomènes consiste à mettre les jeunes en compétition. Et pour les mettre en compétition, il faut notamment développer le sport et ses différentes disciplines.
C’est l’un des principaux objectifs de cette initiative. Malgré les efforts déployés depuis plusieurs années pour lutter contre ces fléaux, les difficultés persistent. Depuis 2003, nous avons notamment interdit l’importation de certaines boissons alcoolisées qui nuisaient à la santé de nos jeunes, en particulier des écoliers et des élèves. Pourtant, les fraudeurs continuent d’en faire entrer sur le territoire. Les services des douanes interceptent régulièrement des cargaisons dissimulées. Cela montre l’ampleur du travail qui reste à accomplir.
Le problème de la drogue dans les lycées et les collèges est également préoccupant. Il n’est pas exclu que de nombreux élèves consomment actuellement des amphétamines et d’autres substances. Ces produits compromettent leur développement physique et leur santé. Nous ne pouvons pas construire une nation avec une jeunesse malade, inconsciente des dangers ou livrée à des pratiques nocives.
Notre révolution vise à refonder la patrie en s’appuyant sur nos ressources. Or, notre principale richesse, c’est la jeunesse. Nous devons donc trouver les moyens de la former, de l’encadrer et de préserver sa santé physique et mentale. Pour cela, nous devons la mobiliser autour du sport et de la compétition.
Comme je l’ai déjà indiqué, le secteur sportif au Burkina Faso est malade. Cela ne concerne pas uniquement le football : de nombreuses autres disciplines connaissent également des difficultés. Il faut donc repenser l’ensemble du système et innover.
Ceux qui se contentent de répéter que les choses ont toujours été faites de la même manière n’ont pas leur place dans la révolution. L’habitude ne suffit pas pour transformer une société. Il faut avoir le courage de remettre en question les pratiques établies, de reconstruire lorsque cela est nécessaire et de trouver les stratégies adaptées.
Nous ne pouvons pas continuer à faire les mêmes choses tout en espérant obtenir des résultats différents. Nous ne ferions que tourner en rond.
Certains secteurs sont tellement affectés par les conséquences des pratiques politiciennes que leur assainissement devient difficile. C’est pourquoi nous avons une mission à vous confier.
Nous allons commencer par le football, avec la création de la Ligue de la souveraineté, annoncée précédemment. Les autres disciplines seront intégrées progressivement.
Dans un premier temps, cette ligue concernera le football masculin senior. Nous intégrerons ensuite les équipes féminines, puis les catégories de jeunes. À terme, d’autres disciplines seront concernées, notamment l’athlétisme, le cyclisme, la lutte et la boxe.
Il est essentiel d’impliquer les régions. Nous voulons également donner une identité aux équipes et aux compétitions. Sans cette identité, sans un sentiment d’appartenance, il devient difficile pour les populations de s’identifier à un athlète ou à une équipe et de la soutenir.
Beaucoup de personnes critiquent aujourd’hui le football et la fédération sur les réseaux sociaux, mais toutes ne comprennent pas nécessairement le fonctionnement du système.
Lors de mon dernier échange avec le chargé de mission, j’ai notamment rappelé que l’État prend en charge une grande partie des dépenses liées au football. Il finance les déplacements des joueurs, les billets d’avion, l’hébergement, les primes de sélection, les primes de match et les primes de victoire. Il prend également en charge les déplacements de certains supporters. Des milliards de francs CFA sont ainsi mobilisés. À cela s’ajoutent les subventions accordées aux clubs.
Dans ces conditions, la marge d’action de l’État reste limitée par le fonctionnement associatif du système sportif. Dès qu’une intervention publique est considérée comme une ingérence, une plainte peut être adressée à la Confédération africaine de football (CAF), avec le risque de sanctions contre l’équipe nationale.
Une nouvelle loi sur le sport doit donc permettre de mettre fin à certaines de ces pratiques. Nous ne pouvons pas continuer à fonctionner uniquement avec des associations dans certaines disciplines tout en exigeant des résultats professionnels. Nous envisageons ainsi de passer à des sociétés sportives afin que les acteurs prennent pleinement leurs responsabilités.
Lorsque l’État accorde des subventions, il doit pouvoir savoir comment les fonds sont utilisés. Il est anormal que des financements soient versés alors que certains clubs ne paient pas leurs joueurs.
Nous avons déjà été confrontés à ce type de situation. La CAF nous a demandé si une ingérence de l’État était réellement établie, en rappelant qu’une telle situation pourrait entraîner la suspension de l’équipe concernée. Ces difficultés font partie des problèmes structurels du football burkinabè.
Nous dépensons beaucoup pour le sport, particulièrement pour le football, mais les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes.
Nous demandons donc aux responsables régionaux de mobiliser les populations autour des compétitions. Critiquer le football sur Facebook ne suffit pas. Le meilleur moyen de soutenir les équipes est aussi de se rendre au stade, d’acheter un billet et d’assister aux rencontres.
Cette responsabilité vous incombera désormais dans vos régions. Vous devrez encourager les populations à venir soutenir les équipes et les athlètes, qu’il s’agisse de football, de handball, de lutte, de judo ou d’autres disciplines.
Concernant la Ligue de la souveraineté, le décret de création est disponible, selon les informations communiquées. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme de relance du sport. Une direction sera mise en place pour piloter le dispositif en coordination avec vous.
Pourquoi avons-nous convoqué les gouverneurs ? Parce que votre responsabilité est directement engagée. Une fois les différents acteurs désignés, vous devrez coordonner le recrutement des entraîneurs et l’organisation des championnats régionaux. Ces compétitions permettront de sélectionner les jeunes joueurs qui intégreront les équipes régionales, avant le lancement officiel de la ligue.
Pour constituer les équipes, la meilleure méthode consiste à organiser des tournois dans chaque région. Les entraîneurs et leurs équipes techniques pourront ainsi observer les joueurs et retenir ceux qui présentent les qualités nécessaires.
D’autres dimensions pourront ensuite être intégrées à la compétition, notamment la culture et le tourisme. Ces volets ne seront pas nécessairement lancés simultanément, mais ils seront développés progressivement.
Nous voulons faire de cette compétition un événement vivant et attractif. Un dispositif audiovisuel spécifique sera mis en place, avec des retransmissions télévisées. Les équipes devront également disposer de pages sur les plateformes numériques, notamment Facebook, et les animer correctement.
Vous devrez donc mobiliser les moyens nécessaires pour assurer la visibilité et la promotion de cette compétition. Elle sera organisée en deux poules. Les détails techniques vous seront communiqués par le ministre, la coordination et les autres responsables désignés.
J’ai également souhaité associer les chambres de commerce et les opérateurs économiques afin qu’ils comprennent le mode de fonctionnement du projet.
Pour la première phase, l’État subventionnera la compétition. Nous avons décidé d’investir dans cette initiative sur la base d’un dispositif minimal, avec l’ambition de garantir aux joueurs de meilleures conditions de vie et de travail.
Nous voulons que chaque joueur engagé dans cette compétition perçoive un salaire mensuel minimum de 200 000 francs CFA et soit déclaré à la Caisse nationale de sécurité sociale. Les cadres devront percevoir au moins 50 % de plus que les joueurs.
Le montant de 200 000 francs CFA constitue un minimum. Les salaires pourront varier selon le talent et les responsabilités de chaque joueur. Les équipes régionales auront la responsabilité de proposer les rémunérations appropriées, dans le respect du cadre fixé.
Nous avons pris cette décision parce que certains joueurs au Burkina Faso perçoivent actuellement moins de 100 000 francs CFA par mois. Nous voulons relever ce niveau et professionnaliser davantage le secteur.
Les joueurs bénéficieront de contrats. Des sociétés sportives seront créées au niveau régional pour assurer la gestion des équipes.
Nous attendons également des propositions sur la contribution des communes au financement du sport. Quelle part de leurs budgets sera désormais consacrée à ce secteur ? Cette question devra être examinée sérieusement.
Il n’est plus acceptable que les budgets communaux servent essentiellement à organiser des réunions, des rencontres ou des séminaires sans effets concrets sur les conditions de vie des populations.
Les dépenses publiques doivent répondre à des besoins réels. Les priorités comprennent la sécurité, le développement, l’agriculture, les marchés et les infrastructures indispensables aux régions. Le sport doit également occuper une place importante, puisqu’il concerne directement la jeunesse.
Une part significative des budgets des communes devra donc être réservée à ce domaine. Les conseils régionaux pourront également contribuer au financement des activités sportives.
Les opérateurs économiques devront eux aussi participer à cet effort. Nous souhaitons une contribution des chambres de commerce et des entreprises dans chaque région. Cette contribution devra être organisée de manière à assurer le financement durable des équipes.
Pour le lancement, vingt équipes sont prévues. Nous comptons mobiliser vingt grandes entreprises, privées ou publiques, pour accompagner leur financement et les activités liées à la compétition.
Le projet doit créer des emplois. Avec vingt équipes composées chacune d’un effectif important, plusieurs centaines de jeunes pourront bénéficier d’opportunités professionnelles. Les équipes féminines, les catégories de jeunes et les autres disciplines sportives seront intégrées progressivement.
Pour la première année, l’État prendra en charge le démarrage. Avant la fin de l’année, chaque région devra avoir préparé son équipe. Dès la mise en place de la direction, les gouverneurs devront travailler avec elle pour recruter les entraîneurs et organiser les compétitions de sélection.
Une fois les équipes constituées, l’État prendra en charge les dépenses prévues pour la première année de la compétition. Pour les années suivantes, un mécanisme de financement devra être structuré avec les communes, les régions et les opérateurs économiques.
Je compte sur vous pour prendre cette mission au sérieux. Il ne faudrait pas qu’un gouverneur oublie ses responsabilités. À partir du 25 décembre, nous ferons le point sur l’état d’avancement du projet. Des observateurs, notamment des ambassadeurs et des chargés de mission, pourront relever les insuffisances et m’en rendre compte.
Aucun sabotage ne sera toléré. Il faut rester concentré sur les objectifs. Dans certaines régions où les déplacements sont difficiles, l’armée pourra apporter son concours logistique. Nous étudierons également la possibilité de doter les équipes de moyens de transport, notamment des cars.
Ces véhicules devront être correctement gérés. Les responsables devront veiller à leur entretien, à la gestion du carburant et à leur disponibilité. L’État apportera les moyens nécessaires, mais toute négligence dans leur utilisation engagera la responsabilité des personnes concernées.
Nous voulons un dispositif professionnel et nouveau, capable de susciter l’intérêt des jeunes pour le sport. Un jeune qui veut faire de la compétition doit également prendre soin de sa santé et s’éloigner de la drogue, du tabac et des autres substances interdites. Les contrôles antidopage feront partie des exigences sportives.
Cette politique doit aussi contribuer à élargir le vivier de recrutement de nos équipes nationales. Aujourd’hui, une grande partie des clubs et des joueurs évolue autour de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Les autres régions restent insuffisamment représentées dans les championnats.
Cette situation doit changer. Toutes les régions doivent pouvoir participer au développement du sport et offrir des possibilités à leur jeunesse.
Pour la première année, la compétition se déroulera entre Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, selon les indications données. Nous espérons ensuite construire ou réhabiliter des infrastructures sportives dans les différentes régions afin que les équipes puissent progressivement recevoir leurs adversaires à domicile.
Des entreprises spécialisées envisagent également de se regrouper en consortiums pour participer à la construction et à la réhabilitation des infrastructures sportives. Plusieurs réformes sont donc attendues dans ce domaine.
Je compte sur chacun d’entre vous pour contribuer au succès de cette initiative. Les détails techniques, les règles de fonctionnement et les responsabilités des différents acteurs vous seront communiqués au cours des prochaines réunions.
Je demande également aux responsables financiers de se préparer à la mobilisation des ressources. Le ministère des Finances devra communiquer la liste des vingt entreprises appelées à accompagner les équipes. Si d’autres entreprises souhaitent participer, leur contribution pourra être examinée.
Les chambres de commerce ont également une responsabilité importante. Il ne suffit plus de chercher à occuper des postes au sein de leurs instances. Il faut désormais assumer les responsabilités qui en découlent.
Je compte sur tous les acteurs pour faire de cette compétition une réussite.
Nous devons également éviter de reproduire les mauvaises pratiques observées dans certaines structures sportives : favoritisme dans le recrutement, arrangements financiers, corruption et sélection de joueurs qui ne disposent pas du niveau requis.
Les anciens internationaux connaissent bien les réalités des clubs et des équipes nationales. Leur expérience doit contribuer à assainir le système.
Les entraîneurs devront sélectionner les joueurs sur la base de critères objectifs. Il ne sera pas question de retenir quelqu’un simplement parce qu’il est le fils d’une personnalité ou qu’il bénéficie d’un appui particulier. Si un joueur n’a pas le niveau requis, il ne doit pas être retenu.
Les quotas par région seront définis dans le cadre de la première phase. Les règles techniques devront être clairement établies afin de favoriser une compétition équitable.
Nous devons également veiller à l’intégrité de l’arbitrage et au respect des règles. Nous mettrons les moyens nécessaires à disposition et nous attendons des acteurs qu’ils produisent des résultats concrets.
Pour la première année, l’État soutiendra financièrement le projet. Par la suite, les communes, les régions et les opérateurs économiques devront assumer leur part de responsabilité sociale dans le développement du sport.
Je vais maintenant vous laisser poursuivre les échanges avec les responsables présents. Ils pourront répondre à vos questions et vous expliquer les procédures à suivre.
Je vous invite également à renforcer la communication entre les gouverneurs. Si une région rencontre une difficulté qu’une autre a déjà surmontée, les responsables doivent partager leurs expériences et leurs solutions. L’objectif est de progresser ensemble et d’éviter que les mêmes problèmes se répètent.
Je vous souhaite bonne chance et beaucoup de courage. Nous nous retrouverons prochainement pour aborder d’autres questions, notamment celles liées à la sécurité, à la défense et au développement des collectivités.
L’année 2027 devra commencer avec un nouvel élan. Nous ne devons pas nous disperser dans des activités secondaires alors que des besoins essentiels restent à satisfaire.
Certaines communes consacrent des ressources à des séminaires, des rencontres ou des activités dont les résultats concrets sont difficiles à mesurer. À la fin de l’année, les budgets sont exécutés, mais les populations ne constatent pas toujours d’améliorations tangibles.
Nous voulons que les ressources publiques produisent des effets réels, notamment en faveur de l’emploi des jeunes. Une part des budgets devra être consacrée au sport, qui ne se limite pas au football. Les autres disciplines seront intégrées progressivement.
Nous voulons également revaloriser des disciplines comme le cyclisme. Certains sportifs parcourent des dizaines de kilomètres et ne reçoivent qu’une rémunération dérisoire. Cette situation doit évoluer. Nous devons mieux reconnaître les efforts des athlètes et leur offrir des perspectives.
La compétition sera aussi un cadre pour sensibiliser les jeunes aux dangers de la drogue, du tabagisme et des autres pratiques nocives. La pratique sportive exige de la discipline etT une bonne condition physique.
Je reste à l’écoute des propositions et des décisions nécessaires à la mise en œuvre de ce projet. Nous attendons notamment les retours des entreprises qui souhaitent participer. Si leur nombre dépasse les vingt prévues initialement, nous examinerons les modalités de leur association à l’initiative.
Je vous remercie. Bonne chance à tous et bon retour à chacun.
NB : cette version est une transcription corrigée sur le plan linguistique, pas une retranscription certifiée mot à mot – KAWERU



