Australie : un projet de loi pour permettre aux utilisateurs de désactiver les algorithmes des réseaux sociaux

L’Australie a présenté, jeudi 15 octobre 2026, un projet de loi qui obligerait les plateformes de réseaux sociaux à offrir aux utilisateurs la possibilité de désactiver les recommandations algorithmiques. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la sécurité en ligne et à donner davantage de contrôle aux internautes sur les contenus affichés dans leur fil d’actualité.

Baptisé *Digital Duty of Care Bill 2026*, le texte prévoit d’imposer aux entreprises technologiques une obligation de prévention des risques numériques. Les Australiens âgés de plus de 16 ans pourraient choisir entre un fil d’actualité alimenté par des recommandations algorithmiques et un fil présentant principalement les publications des comptes qu’ils suivent.

Le projet prévoit également des normes minimales de sécurité pour les réseaux sociaux, les plateformes de jeux vidéo, les applications et les agents conversationnels fondés sur l’intelligence artificielle. Les services concernés devraient notamment mieux protéger les mineurs contre les contenus préjudiciables liés aux troubles alimentaires, aux défis dangereux, aux comportements criminels et à la haine envers les femmes.

Le texte accorderait par ailleurs à la commissaire australienne à la sécurité en ligne, connue sous le nom d’eSafety Commissioner, le pouvoir de demander le retrait de services d’intelligence artificielle permettant de déshabiller virtuellement des personnes. Le délai de réponse aux plaintes pour cyberharcèlement et abus en ligne passerait de 48 à 24 heures.

Les entreprises qui ne respecteraient pas ces obligations pourraient encourir des amendes allant jusqu’à 109,2 millions de dollars australiens, soit environ 75 millions de dollars américains. Les contenus d’information professionnelle et les médias de divertissement seraient exemptés des dispositions proposées.

La ministre australienne des Communications, Anika Wells, a présenté cette réforme comme une nouvelle étape dans la politique de sécurité numérique du pays. Le texte a été soumis à la Chambre des représentants et devra être adopté par les deux chambres du Parlement, dont le Sénat, avant son éventuelle entrée en vigueur.

Shares: