Niger : un comité technique chargé de sécuriser l’approvisionnement en carburant

Le gouvernement nigérien a mis en place un comité technique pour résoudre les difficultés d’approvisionnement en produits pétroliers et apurer, dans un délai de trois mois, les dettes accumulées entre l’État et les principaux acteurs du secteur. L’installation de cet organe a eu lieu lundi 12 octobre 2026 au cabinet du Premier ministre, Mahaman Ali Lamine Zeine, qui en assure la présidence.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des ruptures de produits pétroliers dans certaines localités et des difficultés financières qui affectent la chaîne d’approvisionnement. Le comité devra coordonner les interventions des pouvoirs publics et des opérateurs afin de garantir la disponibilité du gasoil, de l’essence et du gaz de pétrole liquéfié (GPL) sur l’ensemble du territoire.

Parmi ses priorités figure l’augmentation de la capacité de traitement de la Société de raffinage de Zinder (SORAZ), qui devra passer de 15 000 à 20 000 barils par jour. Cette évolution nécessitera une coordination avec la China National Petroleum Corporation Niger Petroleum (CNPCNP), notamment pour assurer les livraisons de pétrole brut et lever les contraintes techniques et financières qui freinent la production.

Le comité devra également établir un plan d’apurement des dettes entre l’État, la Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP), la Société nigérienne d’électricité (NIGELEC), la SORAZ et la CNPCNP. Les créances seront actualisées et, si nécessaire, soumises à des audits. Le règlement donnera la priorité aux dettes de l’État envers la SONIDEP, puis à celles de la SONIDEP envers la SORAZ.

L’objectif est aussi d’empêcher l’accumulation de nouveaux arriérés, tout en préservant la continuité des livraisons de brut et de produits raffinés. Le comité devra proposer un mécanisme de compensation des écarts de coûts liés aux importations, dans le respect de la décision gouvernementale de maintenir les prix à la pompe.

Le suivi des stocks et des livraisons fera partie des missions prioritaires. Un programme d’approvisionnement couvrant 30 jours devra être établi et révisé chaque semaine. Le dispositif devra aussi prévoir des livraisons de gasoil aux centrales thermiques de la NIGELEC ainsi qu’une réserve dédiée pour limiter les risques de perturbation de la production électrique.

À moyen terme, les autorités envisagent de réduire la dépendance des centrales au gasoil grâce à d’autres combustibles. L’importation de gaz ou de fioul via l’Algérie figure parmi les options à court terme, tandis que l’exploitation du gaz associé du bassin d’Agadem est envisagée à moyen terme.

Le comité devra par ailleurs préparer le pays à la grande maintenance de la SORAZ prévue en 2027. Il lui reviendra de planifier les approvisionnements et le stockage nécessaires afin d’éviter les pénuries durant cette période. Un programme de construction de nouveaux dépôts devra également être proposé, avec pour objectif de porter les réserves de sécurité à 45 jours.

La lutte contre la fraude et les circuits informels de distribution figure aussi dans son mandat. Les actions de contrôle seront coordonnées avec les gouverneurs des régions et les services compétents. Le comité devra enfin suivre l’application des recommandations du Conseil consultatif de la Refondation et transmettre un compte rendu mensuel sur leur mise en œuvre.

L’organe comprend quatre vice-présidents : les ministres chargés du Pétrole, de l’Économie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie, ainsi que de la Justice. Il rassemble également des représentants des administrations concernées, des structures de régulation et des entreprises du secteur pétrolier et énergétique.

Ses travaux seront répartis entre quatre sous-comités consacrés à la production de la SORAZ, aux dettes et au financement, à l’approvisionnement et à la distribution, ainsi qu’au contrôle et à la lutte contre la fraude.

Créé pour une durée de douze mois, le comité pourra voir son mandat prolongé jusqu’à la fin de la maintenance de la raffinerie et au rétablissement d’une situation normale d’approvisionnement. Il devra notamment remettre au Premier ministre un rapport sur les obstacles rencontrés dans la chaîne pétrolière et les mesures correctives à appliquer.

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