France : les lycéens se mobilisent dans un climat social tendu

Des dizaines de milliers de lycéens se préparent à manifester mardi 6 octobre 2026 dans plusieurs villes de France pour réclamer davantage de moyens dans leurs établissements. Le mouvement, lancé le 17 septembre en région parisienne, s’est étendu à d’autres villes et a déjà été marqué par des violences et des affrontements avec les forces de l’ordre.

À Paris, des élèves ont commencé à bloquer plusieurs établissements dès le matin. Des pancartes dénonçant le manque d’écoute des jeunes et les violences lors des mobilisations ont été brandies devant certains lycées.

Dans la capitale, environ 2 000 policiers et gendarmes doivent encadrer la manifestation prévue dans l’après-midi. Des parents et des enseignants ont aussi prévu de participer à l’encadrement des cortèges afin de limiter les risques de débordements.

Depuis le début du mouvement, 215 élèves ont été blessés, selon les services du Premier ministre. Ces derniers ont précisé que la grande majorité des blessures résultait d’accidents ou de faits imputables à des personnes extérieures aux manifestations. Plus de 700 membres des forces de l’ordre et près d’une centaine de personnels de l’éducation ont également été blessés.

À Tours, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil lors d’un blocage la semaine précédente. À Lens, un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lundi par une grenade utilisée par la police. Le ministère de l’Intérieur a par ailleurs annoncé l’ouverture de dix enquêtes par l’Inspection générale de la police nationale depuis le début du mouvement.

Les lycéens dénoncent principalement l’insalubrité de certains bâtiments, la surcharge des classes et le manque de remplacement des enseignants absents. Ces revendications sont particulièrement présentes dans les quartiers populaires.

Le mouvement touche également les universités. Le ministère de l’Éducation recensait lundi 589 lycées perturbés sur les quelque 3 700 établissements du pays, contre près de 800 vendredi. L’Union étudiante dénombrait pour sa part 32 sites universitaires bloqués.

Les autorités redoutent désormais une extension de la mobilisation avec la participation annoncée d’étudiants. Cette nouvelle journée intervient dans un contexte social et politique déjà tendu, à un peu plus de six mois de l’élection présidentielle, sur fond de hausse des prix et de débats sur des réductions budgétaires susceptibles d’affecter les jeunes.

Le gouvernement, accusé par les syndicats de recourir à une répression disproportionnée, affirme vouloir maintenir l’ordre face aux violences. Il a aussi mis en cause La France insoumise, qui a déclaré déplorer les violences tout en reprochant à l’exécutif de réduire le mouvement à ses débordements.

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