Le ministre burkinabè de la Justice, Maître Edasso Rodrigue Bayala, a échangé avec des citoyens sur les réformes judiciaires, dimanche 4 octobre 2026, au Pavillon Soleil Levant du SIAO. La rencontre s’est tenue dans le cadre de l’Exposition gouvernementale.
Les échanges ont porté notamment sur l’accès à la justice, les délais de traitement des dossiers, les conditions de détention et la modernisation des services judiciaires.
Dans son exposé, le ministre a évoqué le retour progressif des juridictions dans leurs ressorts d’origine, grâce à l’amélioration de la situation sécuritaire. Il a également présenté les résultats de l’opération de résorption des stocks de dossiers menée en 2025. Selon les données communiquées, plus de 8 000 dossiers ont été jugés en 55 jours, contre une moyenne annuelle d’environ 7 000 dossiers.
Les réformes présentées concernent notamment la procédure pénale, la création de chambres criminelles au sein des tribunaux de grande instance et l’extension des tribunaux du travail. Elles portent également sur le recours à la visioconférence et à l’utilisation des langues nationales dans certaines procédures.
La digitalisation des services judiciaires a occupé une place importante dans les échanges. Le ministre a cité la délivrance en ligne du casier judiciaire et du certificat de nationalité, ainsi que la possibilité d’introduire et de suivre certaines plaintes à distance.
Des participants ont toutefois soulevé la question des délais de délivrance de certains documents, notamment le casier judiciaire. Maître Edasso Rodrigue Bayala a indiqué que des mesures sont prises pour améliorer le traitement des demandes et a invité les usagers à consulter régulièrement leurs comptes en ligne.
La visioconférence peut, selon le ministre, faciliter l’audition des personnes détenues sans déplacement. Elle peut également intervenir dans certaines procédures civiles, notamment celles relatives à la rectification d’actes de naissance, à la garde des enfants et aux pensions alimentaires.
Les mécanismes endogènes de règlement des différends ont également fait l’objet de discussions. Le ministre a précisé qu’ils reposent sur le consentement des parties et complètent la justice classique dans les limites prévues par la loi. Les affaires graves ou celles qui ne peuvent être réglées dans ce cadre doivent être orientées vers les juridictions compétentes.
Sur les infrastructures judiciaires et la situation carcérale, le ministre a reconnu les difficultés liées à l’ancienneté de certains palais de justice et à l’augmentation du volume des affaires. Il a indiqué que la réhabilitation des juridictions concernées se poursuit et que de nouvelles infrastructures sont à l’étude. La relocalisation de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou est également envisagée.
Le volet pénitentiaire comprend aussi des initiatives de production et de formation. À ce titre, le ministre a fait état de plus de 600 tonnes de céréales produites entre 2020 et 2024 et d’environ 350 tonnes en 2025 avec la participation des détenus.
Le maintien du Prix d’excellence judiciaire a par ailleurs été confirmé. Cette initiative vise à valoriser le mérite et les bonnes pratiques au sein du secteur de la justice.
En matière de citoyenneté, le ministre a annoncé la volonté du gouvernement d’étendre progressivement les clubs de citoyenneté à l’ensemble du territoire et de renforcer la coordination des structures engagées dans la promotion du civisme.
Au terme des échanges, Maître Edasso Rodrigue Bayala a salué les contributions des participants et souligné l’importance du dialogue direct avec les citoyens pour améliorer l’efficacité et l’accessibilité du service public de la justice.



