L’épidémie d’Maladie à virus Ebola continue de s’étendre dans l’est de la République démocratique du Congo et aggrave une situation humanitaire déjà préoccupante. Selon les Nations unies, plus de 1,15 million de personnes vivent désormais en situation d’insécurité alimentaire aiguë dans les zones les plus touchées par le virus, notamment en Ituri.
Dans cette province, deux zones de santé sur trois sont affectées par l’épidémie. La progression du virus perturbe les activités économiques, fragilise les chaînes d’approvisionnement et ralentit les importations. Cette situation entraîne une hausse des prix des produits alimentaires, compliquant davantage l’accès à la nourriture pour les populations les plus vulnérables.
L’assistance humanitaire reste insuffisante face à l’ampleur des besoins. Sur les 1 511 cas confirmés d’Ebola, seulement 900 personnes ont bénéficié d’une aide alimentaire directe au début du mois. La couverture atteint 25 % pour les familles des malades et à peine 3 % pour les personnes considérées comme cas suspects ou contacts.
Pour répondre à l’urgence, les agences humanitaires sollicitent 22 millions de dollars supplémentaires destinés aux actions liées à Ebola. Toutefois, le plan humanitaire global pour la RDC, évalué à 621 millions de dollars, ne dispose actuellement que de 84 % des financements nécessaires.
Face à cette crise sanitaire, les autorités congolaises renforcent leur coopération avec l’Ouganda. Une cinquantaine d’experts ougandais ont été déployés dans les zones frontalières d’Aru et de Kasenyi afin d’appuyer les équipes congolaises dans la surveillance et la prise en charge des patients. De nouveaux centres de traitement doivent également être ouverts dans ces secteurs.
Malgré cette coopération, les frontières entre les deux pays demeurent fermées aux voyageurs. Les autorités ougandaises conditionnent leur réouverture à la capacité des services sanitaires congolais à assurer efficacement le suivi des cas, l’isolement des patients et la traçabilité des contacts.


