Côte d’Ivoire : une plateforme numérique lancée pour moderniser l’aquaculture

 

La Côte d’Ivoire a franchi un cap dans le développement de son secteur aquacole. Le Partenariat multi-acteurs de l’aquaculture en Côte d’Ivoire (PM2ACI) a lancé, mercredi 29 avril à Yamoussoukro, une plateforme numérique commerciale dédiée à la filière tilapia.

Cette initiative a vu le jour pendant les Journées promotionnelles de la pisciculture. La plateforme, conçue avec le ministère des Ressources animales et halieutiques, visait à structurer un marché encore dominé par l’informel. Elle facilitait la mise en relation entre acteurs, permettait le recrutement de personnel et offrait des services spécialisés.

Le président du PM2ACI, Augustin Millan, a mis en avant le potentiel du tilapia pour bâtir une filière compétitive et créatrice d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. Le programme FISH4ACP, soutenu par la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a salué cette innovation. Sa représentante nationale, Foungnigué Djiré, a souligné l’impact attendu sur la commercialisation des produits aquacoles.

Sur le terrain, les producteurs ont accueilli favorablement l’outil. À Guiglo comme à Ferkessédougou, ils y ont vu une solution aux difficultés d’écoulement et un moyen de mieux gérer les coûts, en particulier celui de l’aliment.

Les autorités ont rappelé l’ampleur du défi. Le pays ne couvrait qu’environ 12 % de ses besoins en poisson, estimés à 736 000 tonnes par an. Cette situation entraînait des importations massives et une perte annuelle de 520 milliards de FCFA.

Face à ce déficit, l’État ivoirien a fixé des objectifs ambitieux. Il visait une production de 150 000 tonnes de poissons à l’horizon 2030 et l’autosuffisance alimentaire en 2031. La plateforme numérique devait servir de levier pour atteindre ces objectifs en connectant producteurs, fournisseurs, acheteurs et institutions.

L’initiative s’inscrivait dans le cadre du programme FISH4ACP, porté par l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, avec le soutien de l’Union européenne et du ministère allemand de la Coopération économique. Elle participait à la transformation des pratiques commerciales et au renforcement de la sécurité alimentaire nationale.

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