Algérie : Kamel Daoud annonce sa condamnation à 3 ans de prison

 

L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud affirme avoir été condamné en Algérie à trois ans de prison ferme et à une amende de cinq millions de dinars. Cette décision serait liée à son roman Houris, récompensé par le prix Prix Goncourt en 2024. Dans un message publié sur le réseau X, l’auteur évoque un verdict rendu mardi 21 avril 2026, à l’issue d’un procès tenu le 7 avril. Il indique que la condamnation s’appuie sur les dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été communiquée par les autorités algériennes.

L’affaire remonte à une plainte déposée en novembre 2024 contre l’écrivain et son épouse, psychiatre. Ils sont accusés d’avoir utilisé, sans consentement, l’histoire d’une patiente, Saâda Arbane, pour construire le personnage principal du roman. L’ouvrage, qui se déroule en partie à Oran, met en scène une femme marquée par les violences de la guerre civile.

La plaignante estime avoir été représentée sans son accord et réclame des dommages et intérêts. Deux recours judiciaires ont été engagés dans ce dossier, qui touche à la fois à la vie privée et à la mémoire de la décennie noire en Algérie.

Le roman Houris ne peut pas être publié en Algérie en raison d’une législation encadrant strictement les œuvres traitant de la période de guerre civile entre 1992 et 2002. Cette période a fait des dizaines de milliers de victimes selon les chiffres officiels.

Par ailleurs, Kamel Daoud fait l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis en mai 2025. Une procédure est également en cours en France pour atteinte présumée à la vie privée.

Shares: