La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), à travers sa Direction de l’Union douanière et de la Fiscalité, a dépêché une mission consultative du 16 au 23 août 2025 au Cabo Verde et en Guinée-Bissau. Objectif : suivre l’adaptation des législations fiscales nationales aux directives communautaires.
La délégation, conduite par Salifou Tiemtore, Directeur de l’Union douanière et de la Fiscalité, et Darlingston Y. Talery, Responsable principal des programmes pour les impôts intérieurs, a eu des entretiens avec les ministres des Finances des deux pays, Olavo Avelino Garcia Correia et Ilídio Vieira Té, ainsi qu’avec les responsables des services fiscaux.
Les échanges ont porté sur l’intégration de huit directives et deux actes additionnels relatifs notamment à la TVA, aux droits d’accise, aux prix de transfert, à la lutte contre la double imposition et à la transparence sur les bénéficiaires effectifs. Les discussions ont également examiné les mécanismes institutionnels nécessaires pour assurer un suivi efficace des réformes fiscales.
En Guinée-Bissau, la mission a salué l’introduction de la TVA en janvier 2025, qui contribue déjà à l’accroissement des recettes publiques. Elle a aussi noté la mise en place d’une unité chargée de préparer le premier rapport sur les dépenses fiscales couvrant 2024 et 2025, un pas important vers plus de transparence et de conformité régionale.
Au Cabo Verde, les experts de la Cédéao ont souligné la volonté politique affichée en faveur de l’intégration fiscale et ont apprécié les réformes menées par le ministère des Finances dans la même dynamique.
Toutefois, la délégation a relevé des obstacles persistants : manque de ressources humaines et techniques, contraintes budgétaires, instabilité politique en Guinée-Bissau et nécessité de renforcer la coordination institutionnelle.
À l’issue de cette mission, un aide-mémoire a été adopté pour préciser les étapes de la transposition et de l’application des textes fiscaux régionaux. La Cédéao a renouvelé son engagement à soutenir techniquement et financièrement les États membres afin de moderniser leurs systèmes fiscaux, les rendre plus transparents et harmonisés, et favoriser une meilleure mobilisation des recettes publiques dans le cadre de l’intégration régionale.