Guerre en Ukraine : le Pentagone écarte une enquête sur les perturbations de Starlink

L’inspecteur général du Pentagone a refusé d’ouvrir une enquête indépendante sur les récentes perturbations des services satellitaires Starlink et Starshield utilisés par l’Ukraine. Cette décision suscite des inquiétudes chez des élus américains quant à l’influence d’Elon Musk, patron de SpaceX, sur les communications militaires.

Neuf sénateurs, dont quatre républicains et cinq démocrates, avaient demandé une enquête après des signalements ukrainiens faisant état de restrictions de débit sur ces réseaux. Selon des responsables ukrainiens, ces perturbations ont notamment compliqué l’interception de drones russes se déplaçant à grande vitesse.

Dans une réponse adressée mardi aux parlementaires, l’organe de contrôle du Pentagone a estimé que les préoccupations soulevées relevaient davantage de l’armée de l’air. Cette décision est interprétée comme un refus d’enquêter sur le rôle éventuel d’Elon Musk dans ces perturbations.

La sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a déploré cette position. Elle a souligné que l’administration Trump et SpaceX avaient présenté des explications contradictoires sur l’origine des restrictions et réclamé un examen indépendant afin d’établir les responsabilités et d’éviter que la situation ne se reproduise.

Elon Musk a reconnu que SpaceX avait réduit la capacité de Starlink en Ukraine, en accusant le pays d’avoir enfreint les conditions d’utilisation du service. Les autorités ukrainiennes ont rejeté cette accusation. Le dirigeant de SpaceX a toutefois affirmé que le gouvernement américain contrôlait les modifications apportées à Starshield, la version destinée à un usage militaire.

Le président Donald Trump a assuré ne pas avoir ordonné de restriction. Son vice-président, J. D. Vance, a pour sa part évoqué une coordination entre la Maison-Blanche et Elon Musk, selon le compte rendu rapporté par l’Associated Press.

La porte-parole du bureau de l’inspecteur général, Mollie Halpern, a indiqué que son organisme pourrait réexaminer sa position si de nouvelles informations étaient portées à sa connaissance. Les sénateurs souhaitaient notamment déterminer si des responsables américains avaient ordonné, approuvé ou anticipé des changements susceptibles d’affecter les communications et les capacités d’alerte de l’Ukraine.

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