Au terme de son mandat à la tête du Bureau directeur du Comité des résidents (BDCR) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), Issa Célestin Régis d’Almeida dresse un bilan qu’il juge globalement positif. Entre réorganisation du travail, dialogue avec l’administration et gestion des difficultés quotidiennes des résidents, le président sortant revendique des avancées, tout en reconnaissant les limites de son action. À l’approche du passage de témoin, il appelle à poursuivre les efforts en faveur de l’accès au logement universitaire, de l’assainissement et de la sécurité. Il accueille également avec espoir la reprise du transport universitaire et les annonces relatives à la construction ainsi qu’à la réfection des résidences.
« Un bilan globalement positif et humain. » C’est en ces termes que Issa Célestin Régis d’Almeida résume son passage à la tête du BDCR de l’UAC. À l’heure de quitter ses fonctions, le président sortant estime laisser une structure plus organisée, davantage proche des résidents et mieux écoutée par l’administration universitaire. Sans prétendre avoir résolu toutes les difficultés, il soutient que son équipe a fait progresser plusieurs dossiers avec les moyens disponibles.
Parmi les acquis qu’il met en avant figurent la réorganisation du travail des chefs de palier, l’amélioration du circuit de transmission des informations officielles et le maintien de la cohésion dans les cités universitaires durant les périodes de tension. Pour lui, ces résultats reposent notamment sur une méthode de travail fondée sur l’ouverture et la concertation. Dès le début du mandat, son bureau a privilégié la collaboration avec les chefs de palier, les associations, notamment l’ASEHB, et l’administration universitaire. Une démarche qu’il considère comme déterminante dans la gestion des moments difficiles.
La disponibilité et la transparence dans la communication figurent également parmi les engagements qu’il affirme avoir respectés. Il évoque notamment l’effectivité de la permanence du BDCR et les efforts déployés pour limiter les rumeurs au sein des résidences grâce à une meilleure circulation de l’information officielle.
Des difficultés persistantes dans les cités universitaires
Malgré ces avancées revendiquées, plusieurs problèmes demeurent. L’insuffisance des cabines, les coupures d’eau et d’électricité, la dégradation de certaines infrastructures et la cherté de la vie continuent de peser sur les étudiants, particulièrement les plus démunis.
Sur ces questions, le président sortant reconnaît que les marges de manœuvre de son bureau sont restées limitées. L’approvisionnement en eau et en électricité, explique-t-il, ne relève pas directement de ses attributions, tandis que le nombre de cabines disponibles reste insuffisant face à la demande.
Il affirme toutefois avoir obtenu une meilleure écoute des autorités universitaires sur les réparations urgentes, un suivi plus rigoureux des situations sociales difficiles et une prise en compte des rapports du BDCR dans les discussions relatives aux critères d’attribution des cabines. Il estime que le dialogue avec l’administration est désormais constant, même si les résultats ne répondent pas encore à toutes les attentes.
La transparence dans l’attribution des logements demeure, à ses yeux, un chantier important. Issa Célestin Régis d’Almeida juge les critères actuels perfectibles et plaide pour une meilleure explication ainsi qu’une publication préalable des conditions d’accès aux cabines. Les critères sociaux, la distance entre le domicile et le campus et le mérite devraient, selon lui, être mieux explicités afin de renforcer la compréhension des décisions par les étudiants.
Pour traiter les plaintes, son équipe dit avoir privilégié la médiation. Les réclamations étaient recueillies par l’intermédiaire des chefs de palier, puis vérifiées avant toute saisine de l’administration. Cette méthode visait à résoudre les différends sans confrontation systématique.
La période des attributions et des réattributions de cabines reste néanmoins le moment le plus difficile de son mandat, selon ses propres termes. Entre les espoirs des demandeurs et les déceptions de ceux qui n’obtiennent pas de logement, cette phase impose, souligne-t-il, de rester juste et ferme.
Les relations avec les autorités universitaires n’ont pas toujours été exemptes de lenteurs administratives. Des divergences ont également existé au sein de l’équipe, reconnaît-il, sans qu’elles provoquent, selon lui, de division. Il affirme avoir privilégié le dialogue tout au long de son mandat.
Le président sortant identifie aussi un point sur lequel il aurait souhaité faire davantage : sa présence sur le terrain durant la nuit, notamment dans certaines cités confrontées à des problèmes d’insécurité et de nuisances sonores.
Aux résidents qui estiment que leurs préoccupations n’ont pas été suffisamment prises en compte, il adresse des excuses. « Aucune préoccupation n’était petite pour nous », assure-t-il, tout en reconnaissant que le manque de moyens et de temps n’a pas permis de répondre à toutes les sollicitations.
Un passage de témoin placé sous le signe de la continuité
À l’approche de la fin de son mandat, Issa Célestin Régis d’Almeida affirme laisser un BDCR organisé, doté d’archives, de contacts établis avec l’administration et d’une équipe de chefs de palier expérimentée. Il considère que la crédibilité de la structure constitue l’un des acquis de son passage à sa tête.
Pour la prochaine équipe, trois priorités se dégagent de son diagnostic : l’amélioration de l’accès à l’eau et de l’assainissement dans certaines cités, la transparence dans l’attribution des cabines et le renforcement de la sécurité des résidents.
Son conseil à ses successeurs tient en trois principes, ne pas promettre ce qui ne dépend pas de leur pouvoir d’action, rester proches de la base et ne jamais confondre la fonction avec la personne qui l’occupe. La responsabilité du BDCR doit, selon lui, rester un service rendu aux résidents.
Il se dit par ailleurs entièrement disponible pour accompagner son successeur, transmettre les dossiers et faciliter la transition, si le prochain bureau le souhaite. « Le BDCR n’est pas une propriété privée », rappelle-t-il, soulignant ainsi la nécessité d’assurer la continuité du travail au-delà des changements de responsables.
Cette expérience lui a également permis, affirme-t-il, de mieux comprendre la précarité estudiantine. Il évoque des étudiants contraints de partager une cabine prévue pour deux personnes et d’autres qui peinent à se nourrir. Ces réalités ont profondément modifié son regard sur les difficultés vécues dans les résidences et renforcé son humilité, explique-t-il.
Pour lui, diriger ne consiste pas simplement à commander. Il s’agit d’écouter, de supporter la pression et de prendre des décisions, même lorsqu’elles ne font pas l’unanimité. Représenter les étudiants revient, ajoute-t-il, à porter leurs revendications lorsqu’ils peinent à se faire entendre.
À ceux qui lui ont accordé leur confiance, il exprime sa gratitude, y compris pour les critiques reçues. Il les invite à préserver la solidarité au sein des cités. Il résume finalement son mandat comme une volonté de servir, avec ses forces et ses limites, afin que la résidence universitaire demeure « un foyer et non juste un dortoir ».
Transport universitaire et réhabilitation des résidences, un espoir sous conditions
Au-delà du bilan de son mandat, le président sortant porte un regard favorable sur les annonces relatives à la reprise du transport universitaire et aux projets de construction, de réfection et d’aménagement des résidences. Il y voit des réponses à des préoccupations exprimées depuis plusieurs années par les étudiants, tout en appelant à une mise en œuvre concrète et adaptée à leurs besoins.
Concernant le transport universitaire, il estime que la reprise des bus représente un soulagement pour les étudiants qui résident hors du campus. Les dépenses quotidiennes de déplacement, qu’il situe entre 500 et 1 000 francs CFA pour certains étudiants, peuvent peser lourdement sur des budgets déjà fragiles et compliquer l’assiduité aux cours.
Selon lui, le retour des bus pourrait contribuer à réduire les retards dans les amphithéâtres, à limiter l’exposition aux risques d’accident liés aux déplacements à moto et à faciliter l’accès au campus pour les étudiants les plus démunis.
Il insiste toutefois sur la nécessité de concevoir un dispositif réellement adapté aux réalités estudiantines. Les circuits devraient, selon lui, desservir les zones où les étudiants sont nombreux, notamment Abomey-Calavi, Godomey et Pahou. Les horaires devraient également tenir compte des emplois du temps effectifs des différentes facultés afin que le service réponde aux besoins des usagers.
S’agissant des annonces relatives aux résidences universitaires, Issa Célestin Régis d’Almeida exprime également sa satisfaction, mais appelle à la vigilance. La construction de nouvelles cabines lui paraît indispensable au regard du déséquilibre qu’il décrit entre le nombre d’étudiants et les capacités d’hébergement disponibles. Il avance le chiffre de plus de 90 000 étudiants à l’UAC pour seulement quelques milliers de lits.
À ses yeux, la construction de nouvelles infrastructures ne saurait toutefois suffire. La réfection des bâtiments existants doit recevoir la même attention, notamment lorsque les toitures sont dégradées, que les toilettes sont hors d’usage ou que l’approvisionnement en eau reste irrégulier. L’amélioration des conditions d’étude passe aussi par des résidences salubres et fonctionnelles, insiste-t-il.
Il hiérarchise les attentes des résidents autour de quatre besoins essentiels : un accès régulier à l’eau et à l’électricité, un assainissement satisfaisant, un renforcement de la sécurité et une augmentation du nombre de cabines décentes. L’éclairage des couloirs, le contrôle des entrées, la lutte contre les vols, le curage des caniveaux, le ramassage régulier des ordures et la disponibilité de toilettes fonctionnelles figurent parmi les mesures qu’il juge nécessaires.
Pour garantir la durabilité des investissements annoncés, le président sortant formule quatre recommandations. La première consiste à associer le BDCR et les résidents dès la conception des projets. Leur expérience quotidienne des lieux peut, selon lui, aider à identifier les problèmes réels et à prévenir certaines insuffisances.
La deuxième recommandation porte sur l’entretien. Il estime que les autorités doivent prévoir un budget annuel clairement défini et mettre à disposition une équipe technique capable d’intervenir régulièrement. La construction doit ainsi s’accompagner d’une politique de maintenance afin d’éviter une dégradation rapide des ouvrages.
Il appelle également à la publication de calendriers précis et au respect des délais annoncés. Pour lui, les étudiants ont besoin de connaître les échéances et de pouvoir suivre l’évolution des travaux. Enfin, il invite les autorités à accompagner les investissements immobiliers d’une politique sociale, notamment en faveur de l’accès à la restauration à moindre coût et des étudiants les plus vulnérables.
Le président sortant du BDCR se dit ainsi disposé à collaborer avec l’administration universitaire pour accompagner ces initiatives. Il estime que leur réalisation effective pourrait marquer une étape importante dans l’amélioration du bien-être estudiantin.
Au moment de passer le témoin, Issa Célestin Régis d’Almeida laisse donc un bilan qu’il présente comme celui d’une équipe engagée, mais confrontée à des contraintes structurelles persistantes. Son message à son successeur est clair : maintenir le dialogue, rester proche des résidents et poursuivre les combats liés au logement, à l’assainissement et à la sécurité. Quant aux annonces sur le transport et les infrastructures universitaires, leur portée dépendra, selon lui, de leur traduction en réalisations concrètes, durables et adaptées aux besoins des étudiants.



