Bénin- CRIET : Elonm Mario Metonou défend une justice pénale ferme, mais respectueuse des droits humains

Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), Elonm Mario Metonou, a défendu une justice pénale qui concilie efficacité répressive, protection des droits fondamentaux et respect de la dignité humaine. Il s’est exprimé ce lundi douze octobre 2026 à Cotonou, à l’occasion de la rentrée judiciaire 2026-2027, placée sous le thème « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits humains et efficacité répressive ».

Dès l’ouverture de son discours, le magistrat a reconnu le paradoxe associé à l’image de la CRIET. Souvent présentée par ses détracteurs comme une juridiction excessivement répressive, elle enregistre pourtant une hausse des plaintes déposées par les citoyens. Selon les chiffres communiqués par le procureur spécial, la juridiction a reçu 3 849 plaintes et procès-verbaux au cours de l’année judiciaire écoulée, contre 3 067 en 2024-2025, soit une progression de 25,50 %.

Pour Elonm Mario Metonou, cette évolution impose une réflexion sans complaisance sur les pratiques judiciaires. Il a défendu le rôle de la CRIET dans la lutte contre la corruption, la cybercriminalité et le terrorisme, tout en rappelant que la fermeté ne saurait justifier une justice indifférente aux droits des personnes poursuivies.

Le procureur spécial a notamment insisté sur la présomption d’innocence, les droits de la défense et l’individualisation des peines. Il a également plaidé pour que la détention provisoire demeure une mesure exceptionnelle et pour que les victimes bénéficient d’une réparation juste et digne.

Le magistrat a rejeté l’idée selon laquelle la justice devrait choisir entre le laxisme et une répression excessive. Il a plutôt défendu le principe de proportionnalité, selon lequel la réponse pénale doit être adaptée à la gravité des faits et aux circonstances propres à chaque affaire.

« L’efficacité de la sanction ne tient pas à sa cruauté, mais à sa certitude », a-t-il déclaré, en soulignant que l’autorité d’une décision judiciaire ne se mesure pas uniquement à la durée des peines d’emprisonnement prononcées.

Au-delà des règles de procédure, Elonm Mario Metonou a appelé les magistrats à préserver leur sens de l’humanité. Il a rappelé que chaque dossier judiciaire concerne une personne, une histoire et une situation particulière. Il a aussi défendu la possibilité de réhabilitation des personnes condamnées, sans minimiser la nécessité de sanctionner les infractions.

À travers ce discours de rentrée, le procureur spécial a ainsi posé un défi pour l’année judiciaire 2026-2027 : maintenir la capacité de la CRIET à réprimer les infractions relevant de sa compétence, tout en garantissant les libertés individuelles et le respect de la dignité humaine.

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