IA : Christine Lagarde appelle l’Europe à renforcer son autonomie technologique

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a appelé jeudi 1er octobre l’Europe à développer ses propres capacités dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Elle estime que cette démarche doit permettre au continent de limiter sa dépendance à des technologies contrôlées depuis l’étranger.

Lors d’une conférence organisée à la BCE, Christine Lagarde a relevé que les modèles d’IA les plus avancés sont aujourd’hui concentrés aux États-Unis et en Chine. Cette situation, selon elle, pose la question du contrôle de l’accès à des technologies dont les institutions financières européennes pourraient devenir fortement dépendantes.

La présidente de la BCE a notamment évoqué une mesure américaine de contrôle des exportations mise en place en juin. Celle-ci avait provoqué une interruption temporaire de l’accès à certains modèles avancés pour les utilisateurs européens.

L’accès au modèle destiné au grand public a été rétabli quelques semaines plus tard. Le modèle considéré comme plus sensible est toutefois resté accessible uniquement aux organisations autorisées par les autorités américaines.

Pour Christine Lagarde, les enjeux liés à l’IA dépassent la question de l’autonomie technologique. Elle estime que son développement pourrait accentuer les mouvements sur les marchés financiers, favoriser une hausse des cyberattaques et faire apparaître de nouveaux risques pour la stabilité du système financier.

La responsable européenne a également appelé à une coopération internationale pour limiter les risques liés aux modèles d’IA les plus avancés. Selon elle, les différentes puissances ont un intérêt commun à empêcher que ces technologies tombent entre de mauvaises mains, tout en garantissant leur accès aux acteurs chargés de protéger les infrastructures critiques.

Christine Lagarde a enfin exprimé l’espoir de voir émerger une telle coopération entre les différents acteurs internationaux.

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