L’Arabie saoudite a officiellement lancé une Alliance multinationale de défense maritime destinée à renforcer la sécurité de la navigation en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. L’annonce a été faite le 30 juillet à l’issue d’une conférence internationale qui a réuni des représentants de 43 pays ainsi que de l’Union européenne.
Quatorze États ont signé la déclaration fondatrice de cette coalition. Il s’agit de l’Arabie saoudite, du Koweït, de Bahreïn, du Qatar, du Pakistan, de la Turquie, de l’Égypte, de la Jordanie, du Yémen, du Bangladesh, du Nigeria, du Soudan, de Djibouti et de la Somalie. Riyad assurera le rôle de pays fondateur et accueillera le siège de l’organisation. Les Émirats arabes unis et Oman, pourtant membres du Conseil de coopération du Golfe, ne figurent pas parmi les signataires.
La création de cette alliance intervient dans un contexte de fortes tensions en mer Rouge. Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont annoncé un blocus naval contre l’Arabie saoudite le 20 juillet et revendiqué plusieurs attaques contre des navires liés au royaume. Les affrontements se sont intensifiés avec des frappes de drones, des tirs de missiles antinavires et l’utilisation de mines marines. Le 29 juillet, deux méthaniers américains ont été touchés dans le port égyptien de Damiette, provoquant un important incendie. En réponse, Riyad a mené des frappes aériennes contre des positions houthies à Hodeïda.
Selon les autorités saoudiennes, cette coalition a pour objectif d’assurer la sécurité des voies maritimes empruntées par une part importante du commerce mondial. Le détroit de Bab el-Mandeb, large d’environ 29 kilomètres, constitue un passage stratégique par lequel transitent entre 10 et 12 % des échanges maritimes internationaux.
La déclaration commune présente cette alliance comme un dispositif exclusivement défensif qui ne cible aucun État ou organisation. Toutefois, plusieurs observateurs estiment que cette initiative traduit également une volonté de contenir l’influence iranienne dans la région.
Des experts en défense soulignent néanmoins plusieurs défis pour cette nouvelle coalition, notamment les différences de capacités militaires entre les pays membres, l’absence d’une doctrine commune et les insuffisances en matière de lutte contre les drones. Par ailleurs, le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, s’est entretenu le 30 juillet à Washington avec le président américain Donald Trump et le vice-président J.D. Vance. Il a affirmé que son pays souhaitait éviter une escalade avec l’Iran tout en se disant capable de faire face à la menace des Houthis sans intervention militaire directe des États-Unis.
