Ports africains : la congestion structurelle, un frein majeur à la compétitivité logistique

La congestion structurelle représente aujourd’hui l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les ports africains. Contrairement aux blocages temporaires provoqués par des grèves, des intempéries ou des crises internationales, ce phénomène résulte d’un déséquilibre durable entre le volume de marchandises traité et les capacités réelles des infrastructures portuaires.

Cette situation apparaît lorsque les ports ne disposent plus des équipements, des espaces ou des services nécessaires pour gérer efficacement les flux de navires, de conteneurs et de marchandises. Elle se manifeste notamment par l’attente prolongée des navires en rade, l’occupation excessive des quais, l’allongement des délais de manutention et la saturation des zones de stockage.

Selon une étude du cabinet Primeaxis, l’enjeu majeur des ports africains ne réside plus uniquement dans l’augmentation des capacités d’accueil, mais dans l’amélioration de la fluidité des opérations logistiques.

Ces dernières années, plusieurs pays africains ont engagé d’importants investissements pour moderniser leurs infrastructures portuaires et accueillir des navires de plus grande taille. Toutefois, ces efforts ne garantissent pas automatiquement une meilleure performance.

Pour Primeaxis, la compétitivité d’un port dépend désormais de plusieurs facteurs : la rapidité des opérations, la réduction des coûts, la fiabilité des services et la capacité à respecter les délais annoncés.

L’étude met ainsi en lumière un paradoxe : dans certains cas, les infrastructures progressent plus vite que l’efficacité opérationnelle. Les bénéfices liés à la construction de nouveaux terminaux peuvent être réduits par des procédures administratives trop longues, un manque de coordination entre les acteurs, des corridors routiers et ferroviaires insuffisants ou une circulation limitée des données.

Pour répondre à ces défis, plusieurs solutions sont proposées, notamment la mise en place de guichets uniques afin de simplifier les contrôles, le renforcement des corridors de transport terrestres, la création de systèmes harmonisés de données portuaires à l’image de l’African Port Data Book de la Banque africaine de développement, ainsi qu’une meilleure coordination entre les autorités publiques et les opérateurs privés.

L’objectif est de faire des ports africains des plateformes plus rapides, plus fiables et capables de soutenir pleinement la croissance économique du continent.

PAL

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