Afrique du Sud : le gouvernement dévoile un plan national pour mettre fin à la crise de l’eau

Le gouvernement sud-africain a lancé un Plan national d’action pour l’eau afin de garantir un accès durable à une eau potable de qualité pour l’ensemble de la population.

Dans une lettre adressée aux citoyens, le président sud-africain a expliqué que cette initiative vise à répondre aux nombreuses difficultés rencontrées par les communautés confrontées aux coupures d’eau et aux défaillances des réseaux d’approvisionnement.

Selon lui, dans plusieurs villes, zones rurales et quartiers, l’accès à l’eau est devenu incertain, affectant les familles, les écoles et les entreprises. Le nouveau plan prévoit des mesures urgentes ainsi que des réformes structurelles pour s’attaquer aux causes profondes de la crise.

Le gouvernement entend notamment renforcer le suivi des services d’eau à travers le Comité national de crise de l’eau (WATERCOM), chargé de superviser la mise en œuvre des actions, d’évaluer les progrès et de responsabiliser les institutions concernées.

Les autorités établissent un parallèle avec la crise énergétique connue récemment par le pays. Après les réformes engagées dans le secteur de l’électricité pour réduire les délestages, le gouvernement affirme vouloir appliquer une approche similaire au domaine de l’eau.

L’Afrique du Sud reste un pays confronté à une forte pression sur ses ressources hydriques. Toutefois, le gouvernement estime que la principale difficulté actuelle ne réside pas uniquement dans le manque de précipitations ou d’infrastructures, mais surtout dans la mauvaise gestion, l’entretien insuffisant des réseaux et les pertes importantes d’eau.

D’après les autorités, près de la moitié de l’eau distribuée à l’échelle nationale n’atteint pas les consommateurs payants en raison des fuites, des détournements ou des défauts de facturation.

Le plan prévoit donc une réforme de la gestion des services municipaux d’eau. Le projet de loi sur l’amendement des services d’eau, actuellement examiné par le Parlement, doit notamment clarifier les responsabilités entre les municipalités chargées de l’organisation du service et les opérateurs responsables de sa fourniture.

Les fournisseurs d’eau devront désormais répondre à des critères précis en matière de capacités techniques, financières et administratives avant d’obtenir une autorisation d’exploitation.

En cas de défaillance d’une municipalité, l’État pourra intervenir conformément à la Constitution afin de garantir la continuité du service, notamment en confiant la gestion à un opérateur plus compétent.

Le gouvernement prévoit également de mieux sécuriser les ressources financières destinées à l’eau. Dans les grandes métropoles, les recettes issues de la fourniture d’eau devront être exclusivement réinvesties dans les infrastructures, la maintenance et l’amélioration des services.

Les autorités souhaitent aussi attirer davantage d’investissements privés tout en maintenant l’eau comme un bien public. Ces partenariats doivent permettre d’apporter des financements et une expertise supplémentaires sans remettre en cause la responsabilité de l’État dans l’accès universel à l’eau.

Par ailleurs, le gouvernement annonce une lutte renforcée contre la corruption et les réseaux impliqués dans les contrats irréguliers ou les dégradations d’infrastructures hydrauliques.

Plusieurs actions ont déjà été engagées, notamment le soutien aux municipalités en difficulté, le financement de forages dans les zones mal desservies et des procédures judiciaires contre certaines collectivités accusées de violations de la réglementation sur l’eau.

À travers des financements publics et des partenariats, l’Afrique du Sud prévoit d’investir environ 24 milliards de rands par an dans les infrastructures municipales d’eau et d’assainissement, avec près de 800 projets en cours dans le pays.

Dans les zones rurales, 71 projets de forage ont déjà été achevés dans plusieurs provinces, permettant d’améliorer l’accès à l’eau pour environ 30 000 ménages. Le gouvernement prévoit la réalisation de centaines d’autres forages dans les prochaines années afin d’étendre la couverture à près de 250 000 foyers supplémentaires.

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