Le gouvernement malien poursuit le renforcement de son arsenal juridique en matière de protection des intérêts nationaux. Réuni en Conseil des ministres d’hier, vendredi 17 juillet 2026, il a adopté un projet d’ordonnance modifiant le Code des personnes et de la famille afin d’étendre les cas dans lesquels un citoyen peut être déchu de la nationalité malienne.
Selon le communiqué du Conseil des ministres, cette réforme fait suite aux insuffisances constatées dans l’application de la loi en vigueur. Les autorités estiment que les dispositions actuelles ne permettent pas de répondre efficacement à certains agissements jugés contraires aux intérêts de la République, notamment dans un contexte marqué par les défis sécuritaires.
Le projet d’ordonnance prévoit ainsi la possibilité de retirer la nationalité malienne, sans toutefois rendre la personne apatride, à tout Malien d’origine ou naturalisé qui agit contre les intérêts du pays. Sont notamment visés les citoyens qui déclarent leur allégeance à un autre État ou manifestent leur volonté de renoncer à leur fidélité envers la République du Mali.
Le texte cible également les anciens hauts responsables de l’administration publique qui mettraient leurs compétences au service d’actions dirigées contre les intérêts du Mali. Il concerne aussi les personnes ayant occupé des postes de responsabilité dans des organisations de la société civile, des organismes coopératifs ou des associations reconnues d’utilité publique qui collaboreraient avec des organisations poursuivant des objectifs sécessionnistes ou terroristes.
Le projet d’ordonnance vise en outre les personnes qui, après avoir exercé certaines responsabilités, s’exileraient à l’étranger pour rejoindre une organisation terroriste ou une organisation ayant pour objectif de diviser le Mali. Les auteurs d’actes terroristes, les personnes impliquées dans le financement du terrorisme ou dans son apologie figurent également parmi les catégories concernées par cette mesure.
Par cette réforme, les autorités maliennes affichent leur volonté de renforcer les mécanismes juridiques destinés à préserver les intérêts de l’État et à lutter contre les menaces portant atteinte à la souveraineté nationale. Le projet d’ordonnance devra désormais suivre les procédures prévues avant son entrée en vigueur.



