Le président américain Donald Trump a remis en cause la fiabilité du système électoral des États-Unis lors d’une allocution à la nation jeudi soir. Il a affirmé détenir des éléments sur de prétendues failles de sécurité et accusé notamment la Chine d’avoir tenté d’influencer les élections américaines, sans fournir de preuves concrètes.
À quelques mois des élections de mi-mandat, le dirigeant républicain a évoqué un « piratage de données électorales » qu’il attribue à Pékin lors du scrutin de 2020. Selon lui, la Chine aurait obtenu illégalement des informations concernant des centaines de millions d’électeurs américains.
Donald Trump a également mis en cause les machines à voter, le vote par correspondance, l’inscription supposée de non-citoyens sur les listes électorales ainsi que certaines agences de renseignement qu’il accuse d’avoir dissimulé des informations.
Pour plusieurs spécialistes interrogés, aucune donnée vérifiable ne vient confirmer ces affirmations. Dean Spiliotes, politologue et professeur retraité de la Southern New Hampshire University, estime que les accusations du président américain ne reposent pas, à ce stade, sur des éléments démontrés.
« L’influence étrangère sur la politique américaine est une préoccupation connue, mais il n’existe aucune preuve que ces tentatives ont modifié les résultats d’une élection », a expliqué l’expert au micro de LA PRESSE.
De son côté, Rafael Jacob, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand, juge particulièrement grave l’accusation selon laquelle les services de renseignement américains auraient volontairement caché des informations sur une éventuelle ingérence étrangère. Après examen des documents évoqués, il affirme n’avoir trouvé aucun élément confirmant cette thèse.
Des analyses de médias américains ont également remis en question plusieurs affirmations avancées par Donald Trump, notamment celles concernant un supposé plan chinois visant à influencer le vote ou l’existence de centaines de milliers d’inscriptions électorales illégales.
Selon les observateurs, cette stratégie pourrait viser à renforcer le soutien autour d’un projet de réforme électorale défendu par le président républicain et à préparer le terrain avant les élections de mi-mandat. Toutefois, les experts estiment que ces déclarations pourraient aussi fragiliser la mobilisation de son propre camp en alimentant la méfiance envers le processus électoral.
L’allocution présidentielle a par ailleurs été ignorée par certains grands réseaux américains, dont ABC et NBC, qui ont choisi de ne pas la diffuser en direct. Pour des analystes, cette décision traduit une inquiétude croissante face à des accusations jugées insuffisamment étayées.



