Pendant trois semaines, elle a partagé le quotidien de douze jeunes basketteurs béninois. Elle les a vus repousser leurs limites, se battre pour décrocher une place dans la sélection, puis découvrir le très haut niveau à Paris. Préparatrice physique de la délégation béninoise au Quai 54 Futures 2026, Gloria Kiton garde de cette première participation une expérience aussi exigeante qu’enrichissante. Si le Bénin est rentré sans la moindre victoire, elle préfère retenir le chemin parcouru par ces jeunes athlètes.
Lorsque Gloria Kiton reçoit l’appel qui lui annonce sa désignation au sein du staff de la I AM Foundation, elle ne cache pas son émotion. « Lorsque j’ai été appelée pour accompagner les joueurs dans cette aventure, j’ai d’abord ressenti beaucoup de reconnaissance et beaucoup de fierté. Je ne m’y attendais pas. Le fondateur m’a dit que c’était grâce à mon travail et à mon dévouement que j’avais été choisie. » Cette confiance marque le début d’une aventure qui conduit le Bénin jusqu’à Paris, à l’occasion de la première participation de son histoire au Quai 54 Futures.
Avant le départ, raconte-t-elle, les douze jeunes basketteurs suivent un training camp de trois semaines. Joueurs, entraîneurs et membres du staff vivent ensemble dans une résidence. Cette proximité permet à Gloria Kiton de mieux connaître chaque athlète. « Au début, j’avais du mal à retenir leurs noms. Ensuite, à force de vivre ensemble et de travailler deux fois par jour, j’ai appris à mieux les connaître et à savoir comment les accompagner. »
Très rapidement, elle identifie les besoins de chacun. Certains joueurs doivent travailler leur stabilité. D’autres ont besoin de renforcer leur musculature ou d’améliorer leur proprioception. Les séances évoluent selon les résultats observés sur le terrain.
Avant même le début du stage, chaque joueur passe plusieurs évaluations physiques. Les conclusions du kinésithérapeute et de l’ostéopathe complètent ensuite ce travail. Chaque semaine, le staff médical et les entraîneurs se retrouvent afin d’analyser l’état physique du groupe. « Nous faisions le point sur les blessures et nous cherchions ce que nous pouvions améliorer chez chaque athlète », explique la préparatrice physique.
Les jeunes basketteurs connaissent également les règles du projet dès leur arrivée au camp. Ian Mahinmi leur présente les objectifs de cette préparation et leur annonce que seuls huit joueurs représenteront le Bénin à Paris. Cette concurrence pousse chacun à donner le meilleur de lui-même.
Au fil des semaines, Gloria Kiton constate une progression qu’elle juge significative. « Je peux dire qu’ils ont changé de niveau. Certains sont passés de A à A+1. Les données statistiques permettront de l’objectiver. Il reste beaucoup de travail, mais en trois semaines, ils ont énormément progressé. »
L’annonce de la liste définitive provoque une vive émotion au sein du groupe. « Certains joueurs ont pleuré. Moi-même, j’étais émue. Nous avions passé trois semaines ensemble. Nous avions créé des liens. »
À Paris, les jeunes Béninois découvrent une réalité différente. Le rythme des rencontres, l’intensité du jeu et le niveau des adversaires mettent le groupe à rude épreuve. « Certains athlètes qui nous impressionnaient au Bénin ont eu plus de difficultés ici. Je ne sais pas si cela vient du climat, de l’alimentation ou du stress. D’autres, au contraire, ont révélé tout leur potentiel pendant le tournoi. »
Les résultats ne suivent pourtant pas. La sélection béninoise termine son parcours avec six défaites en six rencontres. Lorsque cette réalité est évoquée au cours de l’entretien, Gloria Kiton ne répond pas immédiatement. Un sourire apparaît sur son visage, puis un léger rire s’échappe. Elle préfère interpeller son interlocuteur. « Monsieur le journaliste, mettez-vous à ma place. À votre avis, quand votre équipe perd tous ses matchs, comment vous sentez-vous ? » Cette réaction en dit long sur son état d’esprit. Derrière ce rire se cache la déception d’une femme qui a consacré plusieurs semaines à préparer ces jeunes basketteurs et qui aurait aimé voir leurs efforts récompensés sur le parquet parisien.
Elle refuse pourtant de réduire cette aventure au tableau d’affichage. « Ils n’étaient pas habitués à une telle charge de travail, mais ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Cette expérience leur servira pour la suite. » Gloria Kiton reconnaît que cette première participation comporte des aspects à améliorer. Elle préfère toutefois réserver ses observations au rapport qu’elle remettra à la fondation. « Comme pour chaque événement, il y a des points forts et des points faibles. Je ferai des suggestions pour les prochaines éditions. Comme on le dit souvent, le linge sale se lave en famille. »
Au moment de conclure, la préparatrice physique tient surtout à exprimer sa gratitude envers Ian Mahinmi et la I AM Foundation. « Je voudrais dire un grand merci à la fondation et à monsieur Ian Mahinmi pour tout le travail accompli. Il faut mesurer l’investissement que représente un tel projet. Il y a les visas, les billets d’avion, l’hébergement, la restauration et toute la logistique. Franchement, chapeau. J’espère que vous aurez encore plus de partenaires et de sponsors. Un jour, vous serez récompensés à votre juste valeur. »
Au-delà des six défaites enregistrées à Paris, cette première expérience internationale laisse entrevoir des perspectives encourageantes. Pour Gloria Kiton, les progrès observés, l’expérience acquise face à l’élite mondiale et les leçons tirées de cette aventure constituent déjà une victoire sur laquelle le basketball béninois pourra bâtir l’avenir.



