Sierra Leone : Julius Maada Bio ferme la porte à un troisième mandat

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a écarté toute possibilité de briguer un troisième mandat, affirmant que la révision en cours de la Constitution vise exclusivement à moderniser les institutions et à renforcer la gouvernance démocratique du pays.

S’exprimant lors d’un forum présidentiel organisé à l’Université de Makeni, le chef de l’État a assuré que le processus de réforme constitutionnelle sera « transparent, inclusif et indépendant », tout en rejetant les spéculations sur une éventuelle modification des règles de limitation des mandats présidentiels.

Selon Julius Maada Bio, la Constitution de 1991 doit évoluer pour répondre aux réalités politiques, sociales et institutionnelles actuelles de la Sierra Leone et offrir un cadre juridique plus adapté aux générations futures.

Le président a rappelé que cette réforme s’inscrit dans la continuité des consultations nationales et des recommandations formulées par les précédentes commissions de révision constitutionnelle. Certaines dispositions pourront être adoptées par le Parlement, tandis que les clauses dites « enracinées » devront être soumises à référendum conformément à la loi fondamentale.

Dans un contexte africain marqué par plusieurs révisions constitutionnelles controversées, souvent associées à des prolongations de mandat, Julius Maada Bio a tenu à lever toute ambiguïté : « Ce processus ne concerne ni ma personne ni un quelconque individu ; il vise à garantir un avenir démocratique plus solide pour la Sierra Leone », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État a également promis une large participation citoyenne afin que l’ensemble des Sierra-Léonais puissent contribuer à l’élaboration d’une Constitution davantage en phase avec les aspirations nationales.

Ancien militaire, Julius Maada Bio avait déjà dirigé la transition en 1996 avant d’organiser des élections pluralistes et de céder le pouvoir au président élu. Élu démocratiquement en 2018 puis réélu en 2023, il présente aujourd’hui cette réforme comme une étape majeure du renforcement institutionnel de la Sierra Leone, plus de vingt ans après la fin de la guerre civile.

Shares: