Le Ghana accueille à Accra, du 17 au 19 juin 2026, un sommet international consacré aux réparations liées à l’esclavage transatlantique et au colonialisme. Cette rencontre réunit des responsables politiques, des experts, des représentants de la société civile et des participants venus d’Afrique, des Caraïbes, d’Europe et des Amériques.
L’objectif de ce rassemblement est de définir des orientations communes afin de faire progresser les revendications en faveur de réparations historiques. Les travaux portent sur les mécanismes susceptibles de transformer les engagements politiques en mesures concrètes.
Au centre des discussions figure la définition même des réparations. Les participants estiment que la question ne se limite pas à une compensation financière. Les échanges abordent également les dimensions historiques, politiques, sociales et culturelles liées aux conséquences de l’esclavage et de la colonisation.
Plusieurs pistes sont examinées, notamment la restitution d’œuvres d’art, la mise en place de programmes éducatifs, le financement de projets de développement, la reconnaissance officielle des préjudices subis et la présentation d’excuses par les États ayant profité de la traite transatlantique.
Le président ghanéen, John Mahama, a souligné que ce débat concerne aussi la représentation de l’Afrique au sein des institutions internationales. Il a notamment plaidé pour une place plus importante du continent dans les instances de décision mondiales.
Cette rencontre intervient quelques mois après l’adoption, en mars dernier, d’une résolution des Nations unies portant sur les réparations liées à l’esclavage. Le texte qualifie la traite transatlantique et l’esclavage des Africains de crime contre l’humanité particulièrement grave.
À l’ouverture du sommet, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a déclaré que le Ghana entend désormais se positionner comme un espace de mémoire, de réconciliation et de justice réparatrice.
Les autorités ghanéennes ont également rappelé les initiatives entreprises pour renforcer les liens avec la diaspora africaine. Plus d’un millier de descendants d’Africains déplacés par l’esclavage ont obtenu la nationalité ghanéenne ces dernières années dans le cadre de cette politique de rapprochement.
À travers ce sommet, le Ghana cherche à maintenir la question des réparations au cœur de l’agenda international et à favoriser l’émergence d’une position commune entre les pays et organisations engagés sur ce dossier.



