La Cour pénale internationale (CPI) a fixé à 7,25 millions d’euros, soit environ 4,755 milliards de FCFA, le montant des réparations destinées aux victimes des crimes attribués à Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud à Tombouctou. L’ordonnance, rendue le 28 avril 2026, a été enregistrée dans sa version officielle française le 11 juin.
La Chambre de première instance X estime à 65 202 le nombre de victimes directes et indirectes susceptibles de bénéficier de ces réparations.
Les mesures prévues reposent principalement sur des réparations collectives et communautaires. Elles incluent des actions de réhabilitation, des mesures symboliques et des initiatives de satisfaction. Une composante individuelle est également prévue pour certaines victimes ayant subi des préjudices physiques ou psychologiques particuliers.
Al Hassan a été reconnu coupable, le 26 juin 2024, de trois crimes contre l’humanité et de cinq crimes de guerre commis à Tombouctou entre avril 2012 et janvier 2013. Il a été condamné à dix ans de prison le 20 novembre 2024.
Les faits retenus concernent notamment des actes de torture, des traitements cruels, des atteintes à la dignité humaine, des mutilations, des condamnations prononcées sans garanties judiciaires ainsi que des persécutions fondées sur des motifs religieux. La CPI relie ces crimes aux fonctions exercées par Al Hassan au sein de la police islamique instaurée durant l’occupation de Tombouctou par Ansar Dine et Al-Qaïda au Maghreb islamique.
La Cour précise que ces réparations concernent uniquement les crimes pour lesquels l’accusé a été condamné. Les autres préjudices subis durant cette période ne sont donc pas couverts par cette décision.
La mise en œuvre du programme reste toutefois confrontée à des contraintes financières. La CPI considère Al Hassan comme indigent. Le Fonds au profit des victimes devra ainsi élaborer un plan d’exécution et rechercher des financements complémentaires pour assurer l’effectivité des réparations.
Cette décision intervient après celle rendue dans l’affaire Ahmad Al Faqi Al Mahdi. En 2016, ce dernier avait été condamné pour la destruction de plusieurs sites religieux et historiques de Tombouctou. Les réparations avaient alors été fixées à 2,7 millions d’euros, soit environ 1,77 milliard de FCFA.
Alors que l’affaire Al Mahdi portait principalement sur les atteintes au patrimoine culturel, le dossier Al Hassan concerne les violations commises contre les populations et les conséquences de l’ordre imposé aux habitants durant l’occupation de la ville.



