Freetown (Sierra Leone) – Un rapport du Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), publié en juin 2026, identifie la Sierra Leone comme un maillon stratégique du trafic de cocaïne reliant l’Afrique de l’Ouest à l’Europe.
L’étude intervient après la saisie record de 30,2 tonnes de cocaïne à bord du cargo Arconian, intercepté au large de l’océan Atlantique par la Guardia Civil espagnole. Les enquêteurs estiment que la cargaison aurait probablement été chargée en Sierra Leone avant son acheminement vers l’Europe par voie maritime.
Selon le rapport, l’Afrique de l’Ouest s’impose progressivement comme une zone de stockage et de redistribution de la cocaïne destinée au marché européen. Le dispositif décrit repose sur le stockage des cargaisons dans plusieurs pays côtiers, dont la Sierra Leone, avant leur transfert en mer vers des navires rapides chargés de les acheminer vers leur destination finale.
Les auteurs de l’étude indiquent avoir identifié plusieurs opérations maritimes similaires entre 2024 et 2026. Ces trajets impliqueraient des navires partis de Freetown et ayant effectué de longues périodes d’attente en mer, avec des changements fréquents de pavillon, des éléments souvent associés à des activités de trafic illicite.
Le rapport souligne également que la baisse des saisies dans certains ports européens ne reflète pas une diminution de l’offre, mais plutôt une adaptation des réseaux criminels. Il évoque une hausse de la disponibilité de la cocaïne sur le marché européen, accompagnée d’une baisse des prix de gros aux Pays-Bas et en Belgique.
Les chercheurs estiment que la Sierra Leone a retrouvé un rôle central dans les routes du trafic, après avoir déjà été un point de transit important dans les années 2000. Elle est désormais décrite comme une zone logistique clé dans les opérations de stockage et de redistribution.
L’enquête mentionne enfin des liens présumés entre certains navires impliqués et des réseaux criminels internationaux, dont celui du trafiquant néerlandais Jos Leijdekkers, tout en précisant que plusieurs investigations restent en cours.



