Les prix du pétrole ont enregistré une forte baisse mercredi, sous l’effet des anticipations du marché sur une possible désescalade entre les États-Unis et l’Iran ainsi qu’une réouverture prochaine du détroit d’Ormuz, axe majeur du commerce mondial des hydrocarbures.
Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, a terminé en baisse de 5,31 % à 94,29 dollars après un passage à 94,13 dollars au cours des échanges.
Le pétrole américain West Texas Intermediate, prévu pour livraison le même mois, a reculé de 5,55 % pour atteindre 88,68 dollars. Durant la séance, son prix est descendu jusqu’à 87,77 dollars.
Selon Robert Yawger, analyste chez Mizuho USA, les investisseurs estiment qu’une solution pourrait permettre la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz.
Ce corridor maritime constitue un passage essentiel puisque près de 20 % du pétrole mondial y transite habituellement. Téhéran bloque de fait cette voie depuis les premières frappes israélo-américaines sur le territoire iranien à la fin du mois de février.
Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi qu’il restait insatisfait des propositions iraniennes. De son côté, Téhéran estime peu probable une reprise des affrontements.
Pour Robert Yawger, Washington et Téhéran font face à d’importantes pressions politiques afin de permettre une reprise rapide du transport pétrolier.
Aux États-Unis, la hausse des carburants intervient à l’approche des élections de mi-mandat alors que l’exécutif américain fait face à une dégradation des enquêtes d’opinion.
Du côté iranien, les autorités cherchent aussi une issue qui pourrait faciliter la reprise des exportations pétrolières et débloquer une partie des avoirs financiers gelés dans plusieurs banques occidentales.
L’analyste estime qu’une reprise complète du trafic maritime pourrait pousser les prix du pétrole vers le seuil des 80 dollars le baril.
Toutefois, plusieurs experts soulignent que les cours pourraient rester supérieurs aux niveaux du début d’année. Ils évoquent notamment la nécessité de reconstituer les stocks mondiaux, remettre en état certaines capacités de raffinage, relancer la production interrompue et rétablir les chaînes logistiques.
Selon plusieurs spécialistes, le retour à une situation normale pourrait nécessiter plusieurs semaines, voire plusieurs mois, notamment à cause des opérations de sécurisation et de déminage des voies maritimes.



