La France et la Norvège ont conclu mercredi à Paris un accord de défense mutuelle baptisé « Accord de Narvik », qui marque une nouvelle phase dans leur coopération militaire et stratégique sur fond de tensions sécuritaires en Europe.
L’annonce a eu lieu à Paris au cours de la visite officielle du Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store, à l’issue d’une déclaration commune avec le président français Emmanuel Macron.
Le chef de l’État français a indiqué que ce nouvel accord instaure un principe d’assistance mutuelle entre les deux pays. Il prévoit aussi des échanges réguliers entre les forces armées françaises et norvégiennes ainsi qu’une coopération accrue dans plusieurs domaines, notamment la défense antiaérienne, l’Arctique, le Grand Nord, le secteur spatial et l’appui à l’Ukraine.
Emmanuel Macron a également annoncé l’adhésion de la Norvège à l’initiative française de dissuasion nucléaire avancée. Paris a lancé cette démarche afin d’ouvrir des discussions avec plusieurs partenaires européens sur la place de l’arsenal nucléaire français dans la sécurité du continent.
Le président français a qualifié cette décision d’étape importante dans le développement des relations stratégiques entre les deux États.
De son côté, la ministre française des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, a salué sur le réseau social X une avancée majeure du partenariat bilatéral après la signature de l’Arrangement de Narvik avec son homologue norvégien Tore O. Sandvik. Elle a insisté sur la volonté commune des deux pays de soutenir l’Ukraine et de renforcer la sécurité européenne.
Jonas Gahr Store a confirmé que la Norvège prendra part, avec neuf autres pays européens, aux consultations consacrées au rôle des capacités nucléaires françaises dans la sécurité et la dissuasion sur le continent.
Le Premier ministre norvégien a toutefois rappelé que le principal pilier de la dissuasion européenne reste l’OTAN et que les garanties nucléaires américaines demeurent solides.
Le nouvel accord, qui tire son nom de la bataille de Narvik durant la Seconde Guerre mondiale, prévoit aussi un renforcement de la coopération dans la lutte contre les menaces hybrides, la cybersécurité, la sécurité maritime, le prépositionnement militaire ainsi que l’organisation d’exercices conjoints dans les zones nordiques et arctiques.
Face à la guerre en Ukraine et aux risques sécuritaires grandissants, Emmanuel Macron et Jonas Gahr Store ont insisté sur la nécessité pour l’Europe d’assumer davantage de responsabilités dans le domaine de la défense.


