Violences faites aux femmes au Bénin : l’association MIBE sort l’arme de l’approche islamique et sociale

 

 

 

L’hôtel Golden Tulip Le Diplomate de Cotonou n’a jamais été aussi plein pour une causerie-débat. Ce samedi 23 mai 2026, l’association MIBE (Musulmanes, intellectuelles, battantes et entreprenantes) a réussi un pari ambitieux. Celui de faire dialoguer islam et travail social autour d’un fléau qui détruit des vies : les violences faites aux femmes. Devant une salle conquise, l’association a démontré qu’une autre approche est possible.

 

« Les femmes se rencontrent, se racontent et se réinventent ». C’est sous ce concept que MIBE a convié le public à réfléchir ensemble sur un thème précis : « Protection de la femme contre toute forme de violence, approche islamique et responsabilité sociale ». Au programme, une sensibilisation en profondeur sur un mal qui freine l’épanouissement de nombreuses Béninoises.

 

Pour mener les débats, deux invités que tout oppose a priori mais que l’urgence a rapprochés. Grâce C. KOUTON, assistante sociale à l’Institut national de la femme (INF). Abdoul Wahab ALAO, imam de la mosquée d’Ahozon à Pahou, dans la commune de Ouidah. Ensemble, ils ont passé au crible les violences sous toutes leurs formes. Psychologiques, physiques, patrimoniales, numériques. Sans oublier les pratiques traditionnelles néfastes qui continuent de faire des dégâts.

 

L’imam Abdoul Wahab ALAO ne mâche pas ses mots. Aucune religion, encore moins l’islam, ne peut justifier la violence envers les femmes. Il lance un appel aux victimes. Parler, dénoncer, ne plus se taire. Il rappelle aussi le rôle de l’imam, ce médiateur qui peut aider à préserver les foyers. « Chercher d’abord des solutions quand le problème de violence se pose, c’est la voie de l’islam, tant que la vie n’est pas en danger ni la santé », a-t-il déclaré. Autrement dit, la médiation d’abord, mais jamais au détriment de l’intégrité de la femme.

 

L’assistante sociale Grâce C. KOUTON enfonce le clou. Ne pas banaliser, ne pas minimiser. Ces violences, même quotidiennes, peuvent tuer. Mais elle rassure. L’INF ne se contente pas d’accompagner les victimes. L’institution adopte une approche globale qui, quand c’est possible, sauve aussi les ménages. Une double victoire.

 

La présidente de MIBE, Rabiath MALIKI, ouvre la séance par une déclaration solennelle. L’islam, dit-elle, est une religion de paix, de dignité et de protection des droits humains. Aucune violence ne mérite le silence. Son message porte loin. Sensibiliser les femmes et les hommes, éduquer les jeunes générations, promouvoir le respect et la justice. Et surtout, rappeler à chacun sa part de responsabilité. « La protection des femmes et des filles est aujourd’hui un enjeu majeur de société », conclut-elle, avant de souhaiter que cette rencontre change les mentalités.

 

Puis vint le moment le plus fort de la soirée. Des victimes ont pris la parole. Des témoignages crus, des récits poignants. La salle, silencieuse et émue, a écouté celles qui ont osé briser l’omerta. Leurs histoires ont fait naître des larmes, mais aussi une détermination nouvelle. Car si ces femmes se relèvent, d’autres peuvent le faire aussi.

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