Soudan : près de 11 millions de femmes et de filles frappées par la faim, alerte ONU Femmes

 

ONU Femmes a lancé un cri d’alarme ce mardi depuis Genève, dénonçant l’impact dramatique de l’insécurité alimentaire sur les femmes et les filles au Soudan. Selon l’agence onusienne, près de 11 millions d’entre elles sont désormais en situation d’insécurité alimentaire aiguë, conséquence directe du conflit qui ravage le pays depuis plus de deux ans.

« Être une femme au Soudan est aujourd’hui un facteur prédictif de la faim », a déclaré Anna Mutavati, directrice régionale d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Est et australe. Elle a souligné que chaque ligne de front a détruit les foyers, les moyens de subsistance et les espoirs d’avenir des femmes et des filles soudanaises, exposées à la faim, aux déplacements forcés et aux violences sexuelles.

Le rapport publié par l’agence révèle que 73,7 % des femmes au Soudan « ne bénéficient pas d’une diversité alimentaire minimale », illustrant une situation de malnutrition généralisée. L’insécurité alimentaire s’est aggravée dans plusieurs régions, notamment à El Fasher et Kadugli, où une famine a été officiellement déclarée par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

Face à cette urgence, ONU Femmes appelle à une réponse humanitaire sensible au genre, insistant sur la nécessité de protéger les femmes et les ménages dirigés par des femmes. L’agence plaide pour un cessez-le-feu immédiat, l’ouverture de couloirs sécurisés et la mise en place d’aides ciblées pour la restauration des moyens de subsistance.

Le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), déclenché en avril 2023, a déjà fait des dizaines de milliers de morts et provoqué des millions de déplacés. Fin octobre, les FSR ont pris le contrôle d’El Fasher, où plusieurs massacres ont été rapportés par des ONG, accentuant encore la tragédie humanitaire.

ONU Femmes exhorte enfin les donateurs à renforcer leur appui financier aux organisations dirigées par des femmes, estimant que « leur rôle est central dans la survie et la résilience des communautés touchées par la crise ».

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