Au Bénin, la rentrée judiciaire 2025-2026, a eu lieu ce vendredi. A l’occasion, Elonm Mario Metonou, Procureur Spécial près la CRIET, a mis en lumière les principaux obstacles rencontrés dans le traitement des infractions liées au terrorisme. Trois défis majeurs ont été identifiés. D’abord, la constatation des infractions. Les attaques se déroulent souvent dans des zones inaccessibles, piégées par des engins explosifs, et certaines dépouilles de victimes sont elles-mêmes dangereuses. Dans ce contexte, seules les forces armées peuvent accéder aux scènes de crime, mais leurs informations sont initialement destinées à un usage militaire et non judiciaire.
Ensuite, le défi de la coordination entre les services reste de mise. Renseignement, armée, police et justice ne disposent pas toujours des mêmes informations, ce qui limite l’efficacité des enquêtes et offre un avantage aux groupes terroristes. Enfin, la coopération internationale constitue un enjeu clé. Les katibas transfrontalières exploitent les lacunes des accords de poursuite judiciaire et le manque de partage de renseignements entre les États de l’AES et de la CEDEAO, compliquant la riposte béninoise.
Pour répondre à ces défis, le Procureur a présenté les initiatives en cours à savoir intégration d’officiers de police judicaire dans les unités de l’opération MIRADOR, judiciarisation du renseignement, création d’un cadre national de riposte judiciaire regroupant armée, police, renseignement et justice, et restauration de la coopération régionale malgré les divergences politiques.
Elonm Mario Metonou a conclu en rappelant que le terrorisme est une négation du droit et que la seule réponse efficace consiste à promouvoir la justice et à rendre justice aux victimes et aux auteurs dans le respect du droit, afin de préserver les fondements de la société démocratique.
L’année judiciaire 2025-2026 a ainsi été officiellement ouverte, sous le signe de la vigilance et de l’innovation dans la lutte contre le terrorisme.




