Apollinaire Avognon face à la justice : la fin d’un sentiment d’impunité

Arrêté par la Brigade économique et financière, Apollinaire Avognon, président d’un petit parti au Bénin, doit désormais répondre de ses actes. L’homme, connu pour ses déclarations à l’emporte-pièce, découvre que le statut d’opposant ne saurait être un bouclier contre la loi.

Une arrestation conforme à la loi, malgré la propagande victimaire

Contrairement à ce que certaines publications sur les réseaux sociaux tentent de faire croire, Apollinaire Avognon n’a pas été enlevé. Il a été interpellé de manière légale et transparente par la Brigade économique et financière (BEF), dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte sur ses nombreuses déclarations publiques. Son placement en garde à vue ne relève ni de l’intimidation politique, ni d’une quelconque tentative d’étouffer une voix dissidente. C’est une procédure judiciaire, classique, face à des faits potentiellement graves.

Les accusations de « kidnapping » ou d’« arrestation arbitraire » relèvent d’une stratégie bien rodée : transformer l’arrestation en martyrisation, et tenter de court-circuiter la justice par l’agitation médiatique. Mais dans un État de droit, les faits priment sur les cris d’indignation calculés.

Quand la liberté d’expression devient une arme à double tranchant

Apollinaire Avognon a, ces derniers mois, multiplié les prises de parole fracassantes, émaillées de chiffres approximatifs et de dénonciations non étayées. S’il est vrai que la liberté d’expression est un droit fondamental, elle n’exonère personne du devoir de véracité et de responsabilité. Ce droit cesse là où commence la désinformation.

Les institutions judiciaires ne lui reprochent pas ses opinions politiques, mais l’usage délibéré de l’espace public pour diffuser des affirmations graves sans fondement. Il ne s’agit donc pas d’un procès d’idée, mais d’un appel à la rigueur dans un contexte où chaque mot peut avoir des conséquences lourdes.

Le piège du statut d’opposant comme bouclier

Le problème, dans cette affaire, n’est pas seulement juridique. Il est aussi politique. Apollinaire Avognon, en sa qualité de président d’un petit parti d’opposition, semble s’être convaincu que son statut suffisait à le soustraire à la rigueur de la loi. Comme si la posture d’opposant donnait carte blanche pour tout dire, tout faire, sans jamais répondre de rien.

Mais une démocratie sérieuse ne peut fonctionner sur cette base. L’opposition, aussi légitime soit-elle, n’est pas une immunité automatique. La critique ne donne pas droit au mensonge, ni à la calomnie. Ce rappel, salutaire, est désormais incarné par la convocation de la justice.

Un signal fort en faveur de l’État de droit

À travers cette affaire, la justice envoie un message clair : la République ne tolérera plus que certains travestissent la liberté d’expression pour en faire un instrument de manipulation. Être une voix discordante ne dispense pas du respect des règles communes.

Apollinaire Avognon a désormais l’occasion de faire valoir sa version, preuves à l’appui. Mais si les faits reprochés sont établis, il devra en assumer les conséquences comme tout citoyen. C’est cela, l’égalité devant la loi.

La démocratie béninoise a besoin de débats, pas de dérives.
Et la justice, elle, a besoin de sérénité pour faire son travail. À chacun de rester à sa place : aux politiciens la responsabilité, aux juges la vérité.

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