Les amateurs de yodel doivent accepter une vérité : les singes resteront toujours plus doués que les humains pour cette forme de vocalise. Une étude parue jeudi trois avril dans la revue Philosophical Transactions of the Royal Society B révèle qu’une particularité de leur larynx leur permet de produire des sauts vocaux impressionnants.
Les singes, comme les yodleurs suisses, peuvent passer brusquement d’une fréquence à une autre, mais contrairement aux chanteurs d’opéra qui s’exercent à des transitions graduelles, les primates réussissent à effectuer un saut pouvant atteindre jusqu’à trois octaves et demi. Cette prouesse est rendue possible grâce à une caractéristique unique de leur larynx : ils possèdent deux paires de cordes vocales, contrairement aux humains qui n’en ont qu’une seule.
Cette double paire permet aux singes de couvrir une gamme de sons beaucoup plus étendue, essentielle pour leur communication sociale complexe. En revanche, les humains ont perdu cette capacité au cours de l’évolution, privilégiant un larynx « rationnel » qui facilite la production de sons modérés pour le langage articulé.
Selon Jacob Dunn, principal auteur de l’étude, bien que les humains aient un larynx plus adapté à la parole, les singes restent imbattables dans un concours de yodel. Le singe-araignée péruvien détient même le titre de champion de yodel, avec un écart vocal couvrant quatre octaves.