
Sikou Niakaté, aujourd’hui auteur et documentariste, a abandonné très tôt son rêve de jouer au football en club. En cause, une peur profonde liée au regard des autres sur son corps, et plus précisément sur la taille de son sexe. À 34 ans, il revient sur ce choix intime dans un entretien accordé à L’Équipe.
Grand et à l’aise techniquement dès l’adolescence, il avait le profil pour intégrer un cadre structuré. Pourtant, il n’a jamais franchi le pas. L’idée des vestiaires et des douches collectives constituait pour lui un blocage insurmontable. Se dénuder devant les autres signifiait s’exposer à des jugements qu’il redoutait depuis l’enfance.
Ce malaise trouve son origine dans des moqueries vécues très tôt, d’abord dans le cadre familial, puis à l’adolescence, après un match entre amis. Ces épisodes, vécus comme des humiliations, ont durablement installé un sentiment de honte et une peur du ridicule.
Face à cette pression psychologique, Sikou Niakaté a fait un choix radical. Il a décidé de ne jamais jouer en club, convaincu que l’environnement du vestiaire rendait cette ambition impossible. Il estime aujourd’hui qu’il aurait pu évoluer à un bon niveau, sans pour autant revendiquer une carrière professionnelle de haut rang.
Ce vécu a nourri son travail artistique. Dans son documentaire Dans le noir, les hommes pleurent, il aborde ce qu’il appelle le « syndrome du vestiaire », une forme d’angoisse masculine liée au corps et à la comparaison, encore largement tue dans le monde du sport.




