L’Assurance maladie en France fait face à une hausse et à une sophistication croissante des fraudes, selon son bilan annuel présenté le 17 avril 2026. L’organisme affirme avoir détecté et stoppé 723 millions d’euros de fraudes en 2025, soit une progression de 15 % en un an.
Ces fraudes ne proviennent plus uniquement de cas isolés. Elles sont de plus en plus souvent liées à des réseaux structurés utilisant des méthodes complexes, allant de la création de centres de santé fictifs à la surfacturation massive d’actes médicaux. L’Assurance maladie estime que le montant réel de la fraude pourrait atteindre environ deux milliards d’euros.
Les autorités indiquent que les professionnels de santé ou des individus se faisant passer pour tels représentent la majorité des montants fraudés. Des centres de santé entièrement fictifs ont notamment été identifiés, parfois créés dans le but de générer rapidement des remboursements indus avant d’être démantelés.
Les enquêtes révèlent également des cas de corruption impliquant des médecins complices, rémunérés en espèces en échange de prescriptions frauduleuses. Des données de patients auraient aussi été volées et revendues sur des plateformes clandestines.
D’autres professions sont également concernées, notamment les audioprothésistes, les transporteurs sanitaires, les infirmiers et les pharmaciens, avec des montants de fraude variables selon les secteurs.
Face à cette situation, l’Assurance maladie renforce ses outils de contrôle : arrêts de travail sécurisés, ordonnances numériques avec QR code et dispositifs de signalement des prescriptions suspectes. L’organisme affirme également collaborer plus étroitement avec la police, la gendarmerie et la justice.
Les autorités parlent désormais d’une véritable « industrialisation » de la fraude sociale, marquée par des réseaux rapides, organisés et difficiles à détecter, ce qui pousse l’État à renforcer en permanence son dispositif de lutte.



