Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu la société Lafarge coupable de financement du terrorisme. La juridiction a infligé à la holding une amende de 1,125 million d’euros, soit le maximum prévu, et a ordonné la publication d’un communiqué ainsi que la prise en charge des frais de justice. Les juges ont établi que l’entreprise avait versé des fonds entre 2013 et 2014 à plusieurs groupes armés en Syrie pour maintenir l’activité de son usine en pleine guerre. Le montant total des paiements atteint environ 5,6 millions d’euros. Une partie, estimée à plus de 500 000 euros, aurait profité à Daech.
Le tribunal a considéré que ces financements ont constitué un soutien majeur à ces groupes. Il estime qu’ils ont contribué à la poursuite de leurs actions, y compris des attaques terroristes, et à la diffusion de leur idéologie, ce qui porte atteinte à la sécurité nationale.
Plusieurs anciens dirigeants écopent de peines de prison ferme. L’ex-PDG Bruno Lafont est condamné à six ans de prison avec exécution immédiate et à une amende de 225 000 euros. Christian Herrault reçoit cinq ans de prison ferme et la même amende. Bruno Pescheux est condamné à cinq ans de prison. Son successeur Frédéric Jolibois écope de trois ans de prison dont deux ans ferme, assortis d’une amende de 80 000 euros.
D’autres acteurs impliqués dans le dossier sont également condamnés. Parmi eux, Firas Tlass reçoit une peine de sept ans de prison, une amende de 225 000 euros et une interdiction du territoire français.
Le tribunal estime que ces actes relèvent du financement du terrorisme au regard du droit pénal français.



